Archive pour novembre 2013

21
Nov
13

Le cycle de Fondation (2/2)

Suite et fin de la lecture de Fondation par Federico, le début ici.

Fondation foudroyée & Terre et Fondation

noté 3 sur 4

© FolioAvec ces deux tomes, le cycle de Fondation se clôt sur une seule et unique histoire (c’est-à-dire pas de bonds dans le temps). Golan Trevize est un jeune et fringuant conseiller au sein de la Première Fondation (maintenant que l’on sait qu’il y en a deux). L’avenir de la galaxie se déroule pour le mieux, au plus près du plan Seldon. Mais Trevize doute. Son tempérament aventureux et de « perturbateur de l’ordre établi » va l’amener à sillonner la galaxie à la recherche de réponses, et accessoirement de la planète Terre. Et oui, car après 20 siècles de conquête spatiale, l’humanité a complètement oublié d’où elle vient !

Notre ami lapin a vraiment préféré cette ultime histoire du cycle de Fondation car :

1. c’est une plus longue histoire dans laquelle on peut vraiment se plonger, s’attacher aux personnages et comprendre la galaxie dans laquelle ils évoluent,

et 2. des problématiques de science-fiction y sont abordées ou développées, et elles sont plutôt intéressantes et donnent matière à réflexion.

© FolioSi ces deux derniers tomes ont été écrits des dizaines d’années après les premiers, ils datent tout de même encore des années 1980. Ce qui est fou, c’est donc de voir l’imagination et la vision qu’Asimov pouvait avoir de l’avenir il y a déjà 30 ans. Sur les sujets SF abordés, en vrac, Federico peut mentionner le principe des planètes « terraformées » (avec modification de l’atmosphère et implantation d’écosystèmes pour permettre la vie humaine) mais aussi le principe d’une planète vivante et harmonieuse (comme repris dans Pocahontas Avatar) sans parler des ordinateurs, de la miniaturisation technologique, des robots et de plein de choses très techniques sur la typologie des systèmes solaires et le voyage spatial. Notre ami lapin a également beaucoup apprécié les questionnements sur les possibilités d’évolution de l’être humain et/ou de la civilisation humaine, entre planètes administratives/politiques ou planètes agricoles, entre vie en communauté utopique mais hostile aux étrangers, ou vie en solitaire d’hermaphrodites…

Très savant, donc, mais parfois trop verbeux… En effet, l’histoire se déroule presque essentiellement à travers les dialogues entre les personnages qui se racontent tel événement, telle réflexion, telle déduction… Pour dire, Federico était estomaqué de lire des scènes d’action lorsqu’elles survenaient ! Sans compter les questionnements internes des héros lors desdites scènes, heureusement qu’elles étaient là pour leur permettre de reprendre leur respiration avant le chapitre suivant !

Outre ces dialogues incessants, ce sont aussi les nombreuses répétitions qui parsèment tout le cycle de Fondation qui ont agacé notre ami lapin. Lorsque vous lisez le cycle d’une traite, aucune chance d’oublier en quoi consiste le plan Seldon ! C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle Federico a préféré les deux derniers tomes : on oublie un peu Hari Seldon, la Fondation et la Seconde Fondation, pour ce concentrer sur une vraie épopée stellaire et la quête de héros plutôt attachants.

Fondation foudroyée, (version originale parue 1982), Folio SF, 640 pages

Terre et Fondation, (version originale parue 1986), Folio SF, 688 pages

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20
Nov
13

Le cycle de Fondation (1/2)

Cinq romans d’Isaac Asimov.

Après s’être délecté de La Horde du contrevent, Federico s’est lancé dans la lecture du pilier de la littérature de science-fiction qu’est le cycle de la Fondation de l’incontournable Isaac Asimov.

Eh bien c’était cool, et en effet « incontournable » pour qui s’intéresse à la science-fiction. Mais notre ami lapin doit toutefois préciser que son intérêt pour ces livres a été progressif, vous pouvez en juger par la notation du Cac Carotte : seulement 1 carotte pour le premier tome, 2 carottes pour les deux suivants, et 3 carottes pour les deux derniers.

Fondation

noté 1 sur 4

© FolioFondation, le premier tome, a été une lecture un peu laborieuse pour Federico, et ce pour une seule raison : notre ami lapin venait de terminer La Horde du contrevent, une intense et magnifique épopée à l’écriture extrêmement travaillée. Il est passé d’une perfection littéraire (oui oui) à un recueil de nouvelles SF publiées en feuilleton dans des magazines des années 1950. Autant dire un grand écart.

Federico sait qu’il ne doit pas être trop dur (Asimov était à ses débuts un vulgarisateur scientifique, pas un écrivain, et on n’attend pas de la grande littérature dans la « pulp fiction ») mais voici ce qui est : le premier volume du cycle de Fondation est vraiment très mal écrit. Sujet-verbe-complément. Du coup, ce n’est pas très facile à lire (étrangement) pour peu qu’on soit un grand lecteur. Pour tout dire, notre ami lapin était sur le point d’abandonner, mais la personne incitatrice de cette lecture a planqué tous les autres livres alentours, donc Federico s’est accroché, et il en est content aujourd’hui.

Mais de quoi ça parle au fait ?

© Folio20 000 ans après notre ère, l’être humain a conquis la galaxie. Il existe des millions de mondes habités régis par l’Empire qui siège sur la ville-planète Trantor. Un érudit, Hari Seldon, crée la science de la « psychohistoire » qui consiste à prévoir l’avenir de la galaxie à travers l’étude des comportements humains à l’échelle de milliers d’individus. C’est ainsi que Hari Seldon prévoit la chute de l’Empire dans les siècles à venir, et une période sombre de conflits et de barbarismes pour les 10 000 ans qui suivront. Afin de réduire cette période à 1 000 ans seulement, il crée la Fondation, une congrégation de scientifiques envoyés sur Terminus, une planète isolée aux limites de la galaxie, afin qu’ils y rédigent l’Encyclopedia Galactica qui rassemblera toutes les connaissances humaines.

Ceci est le pitch de base, mais l’histoire évolue au fil des tomes, de mieux en mieux selon Federico. Mais on va dire que, pour les trois premiers tomes, c’est d’actualité. Au passage, il faut préciser que, dans tout le cycle, chaque histoire fait un bond dans le temps, parfois de 30 ans, parfois de plusieurs siècles.

Fondation et Empire & Seconde Fondation

noté 2 sur 4

Notre ami lapin a davantage apprécié ces tomes car : 1. ils sont mieux écrits, et 2. deux des héros sont des héroïnes.

© FolioEn effet, l’évolution de l’écriture est flagrante : les phrases sont plus longues et il y a davantage de descriptions des décors, des situations et des personnages. Ainsi, l’intrigue tient davantage en haleine, car on s’attache mieux aux personnages, mais aussi parce que l’univers des livres nous apparait alors plus dense et plus complexe, et tout simplement parce qu’il y a du suspens, c’est tout bête.

Il y est toujours question de la Fondation, mais aussi de la chute progressive de l’Empire, puis d’un individu perturbateur qui n’était pas prévu dans les prédictions de Hari Seldon (également appelées « plan Seldon ») : le Mulet, un être difforme doué de pouvoirs psychiques. Enfin, on en apprend peu à peu davantage sur la Seconde Fondation, un autre groupe créé par Hari Seldon qui semble œuvrer dans l’ombre. Parmi les personnages principaux, on trouve donc Bayta Darell, une jeune femme qui va sauver la galaxie, puis sa petite fille, Arcadia Darell, une adolescente de 14 ans à la langue bien pendue. Federico a trouvé que toutes-deux étaient comme un vent d’air frais dans le cycle.

Federico vous parle de la suite ici.

Fondation, (version originale parue 1951), Folio SF, 416 pages

Fondation et Empire, (version originale parue 1952), Folio SF, 432 pages

Seconde Fondation, (version originale parue 1953), Folio SF, 432 pages

14
Nov
13

Les amoureux de Sylvia

Un roman d’Elizabeth Gaskell, traduit par Françoise du Sorbier

noté 3 sur 4

La fièvre Gaskellienne a encore frappé ! Mais Margaret Hale peut dormir tranquille, Nord et Sud n’est pas détrôné dans le cœur de Federico.

©PointsAprès l’Angleterre ouvrière, après le thé et les dentelles de Cranford, Elizabeth Gaskell a tendu sa plume victorienne vers notre ami lapin et l’a entraîné dans un nouvel univers. Federico a cette fois-ci découvert la côte sauvage et les villes qui vivent de la chasse à la baleine. Ancré à la fin du XVIIIe siècle, alors que la guerre fait rage avec la France (comme d’hab’), Les amoureux de Sylvia utilise ce contexte tourmenté pour bousculer son héroïne et lui arracher ses proches.

Federico a eu quelques difficultés à entrer dans sa lecture car Sylvia lui apparaissait dans les premières pages comme une coquette un peu vaniteuse. Mais le regard de notre ami lapin a évolué en même temps que l’héroïne et il a bientôt été emporté dans les tourbillons de joies et de peines qu’elle va connaître toute sa vie. Ne vous fiez pas au titre : il ne s’agit pas d’une bleuette sentimentale mais de la tragique destinée d’une femme trop aimée. Fougueuse et passionnée, Sylvia va subir de plein fouet la condition des femmes à l’époque et dans un milieu où l’indépendance n’était pas une option. Les épreuves morales (on sent ici la forte influence de la religion dans l’écriture de Gaskell, qui était femme de pasteur) vécues par les personnages sont narrées de telle façon qu’elles n’alourdissent pas le récit mais lui donnent le souffle des grandes tragédies.

Si Les amoureux de Sylvia ne surpasse pas Nord et Sud, il confirme cependant encore une fois le talent d’Elizabeth Gaskell et la qualité de son approche sociale.

Elizabeth Gaskell, Les amoureux de Sylvia, Points, juin 2013, 684 p.

Parution initiale en anglais : 1863. Première parution française : 2012.

07
Nov
13

Terriérama n°2

Terriérama est le premier magazine en ligne publié de façon pas du tout régulière qui vous parle de films sortis il y a 2 ans et demi, de séries pas encore diffusées en France, du CD que Federico vient juste de retrouver dans les coussins du canapé et autres choses ébouriffantes !

Terriérama c’est plus que de la non-actualité culturelle, c’est l’actualité culturelle DE Federico !

©Federico

Carottes en série

The Hour

Un jour la BBC s’est dit : « Tiens, et si je prenais des acteurs extraordinaires pour jouer dans une série extrêmement bien écrite et visuellement délicieuse ? Ce serait chouette, non ? Comme ça, les téléspectateurs seraient totalement à fond et ils pleureraient de désespoir quand je déciderais d’annuler la série au bout de la saison 2 ! Oh ouiii, mouhahaha *rire cruel* ».

©BBC

Ainsi naissait The Hour, qui nous offre une plongée de 12 épisodes dans l’Angleterre des années 50, au sein d’une équipe de journalistes de la BBC, passionnés par l’information et l’histoire en marche. Si tous les acteurs portent très bien leur rôle, Federico a surtout été épaté par la prestation de Ben Wishaw, parfait en journaliste obstiné et pince sans rire, mais il est aussi tombée en amour devant la classe de la belle Bel Rowley et la touchante Marnie, respectivement interprétées par Romola Garai et Oona Chaplin. L’ambiance, aussi bien visuelle que musicale, a plongé Federico dans une autre époque, marquée par la Guerre froide mais aussi par une grande effervescence intellectuelle et sociale. Notre ami lapin vous encourage chaudement à profiter de cette énergie qui donnera un joli coup de vieux à votre télé.

Lapinoutube

Au ciné (ou avachi sur son canapé quand on veut être peinard), on en prend plein les mirettes. Pour nous rappeler la beauté et la diversité (et quelques ficelles du 7e art) de ce qu’on peut voir sur écran, un mec, Zach Prewitt, fait des montages d’extraits de films qu’il réunit autour d’un même thème. Le premier, Gravity, était sur la chute (des gens qui sautent ou tombent), le second, The View, sur les plans dos à la caméra (le plus beau aux yeux de Federico), et le troisième, The Last Thing You See, combinent des scènes finales de films pour en tisser une histoire. En regardant les vidéos direct sur YouTube ou Vimeo, vous aurez la liste des films utilisés.

Arianne tisse une toile

Sur ce blog, Federico vous fait partager son immense amour des livres et la littérature étrangère n’est pas en reste dans la bibliothèque conejienne ! Pourtant, qu’il se lance dans des critiques dithyrambiques ou assassines, notre ami lapin omet fréquemment de parler de l’importance du travail du traducteur. Or, c’est grâce à ces plumes de l’ombre que Federico peut se goinfrer de romans venant des quatre coins de la planète et visiter le monde depuis son terrier. Pour réparer ce manquement à ses devoirs, votre chroniqueur vous présente une interview exclusive avec un traducteur. Nan, en vrai il va juste vous mettre le lien d’un chouette tumblr : Ma vie de traducteur. À coup de gifs animés, un traducteur anonyme y partage avec beaucoup d’humour les hauts et les bas de sa profession.

En direct de Westeros

Federico aime Le Trône de Fer d’amour. Il l’aimait avant Kit Harrington et ses bouclettes et avant Peter Dinklage (qui a lui aussi des bouclettes, mais bon, voilà). Alors, par amour, il partage avec vous de belles choses en rapport avec cet univers fou fou fou.

Cette fois-ci, on s’éloigne un peu de l’univers de G. R. R. Martin pour se concentrer sur un de ses acteurs, Charles Dance. Dans cette vidéo malheureusement réservée à ceux qui comprennent l’anglais, le très charismatique interprète de Tywin Lannister, lit avec le plus grand sérieux un extrait de Fifty Shades Of Grey. Quand la classe rencontre la vulgarité, ça donne ceci :

04
Nov
13

Shenzen & Chroniques birmanes

Deux bandes dessinées de Guy Delisle.

Souvenez-vous (pour les nouveaux, qu’est-ce que vous attendez pour vous plonger dans les entrailles de la bibliothèque de Federico ?), il y a 1 an, votre ami lapin vous parlait de Pyongyang et Chroniques de Jérusalem. Depuis tout ce temps, il a lu les deux autres récits de voyages de Guy Delisle. Cette fois-ci, Federico est partagé. Alors que Pyongyang et Chroniques de Jérusalem l’avaient régalé chacun à leur manière, Shenzen et Chroniques birmanes ne sont pas sur le même pied d’efficacité. En fait, c’est surtout Chroniques birmanes qui a déçu et un peu ennuyé notre ami lapin.

noté 2 sur 4

© Delcourt, 2007

Cet opus suit le même principe que Jérusalem : la somme de petites anecdotes qui retracent la vie quotidienne de l’auteur dans une ville, ici Rangoun sous le régime birman. Alors que son épouse travaille pour Médecins sans frontières, lui est homme au foyer, s’occupant de son fils et peinant à travailler sur ses bandes dessinées ; il s’ennuie pas mal, déprime un peu, et fait beaucoup de ballades à poussette (comme sur la couverture). Il n’y peut rien, le pauvre, mais c’est ça qui a refroidi Federico qui ne retrouvait pas le décryptage passionnant présent dans Jérusalem et qui permettait de mieux connaître la ville en question. Bien que l’on apprenne quantité de choses sur la Birmanie, cela demeure un peu flou, voire noyé dans le reste de la BD, les chroniques birmanes étant un peu longues pour le coup.

Chroniques birmanes, Guy Delisle, 2007, Delcourt, collection « Shampoing », 224 pages

noté 3 sur 4

© L'Association, 2000Quant à Shenzen, votre lapin favori a vraiment apprécié ! De tous, cet opus est celui où l’humour est le plus visible. Normal : face à l’incongruité et la monotonie de cette ville chinoise où les gens ne font que travailler, à deux pas de l’effervescence et du multiculturalisme de Hong Kong, on se délecte du regard grinçant et amusé de l’auteur, mais avec une pointe de tristesse tout de même. En parallèle avec Pyongyang où la dictature est (on va dire) « assumée », Shenzen montre les ressorts (et les failles) de la puissance mondiale qu’est désormais la République populaire de Chine. Le dessin est plus sombre, dense et travaillé, moins « ligne claire » que celui de Jérusalem et Birmanes, et donne un aspect déprimant et fantomatique à cette ville. La bande dessinée jouit alors d’une identité plus singulière et romancée que le simple carnet de voyage.

Shenzen, Guy Delisle, 2000, L’Association, 200 pages




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