Archives de juin 2010

16
Juin
10

Un tour dans la blogosphère

Voici une petite sélection des blogs BD suivis par Federico. Il s’agit bien entendu d’incontournables, déjà connus par beaucoup, mais se sont les préférés de Federico. Pour cela, les critères sont simples : régularité des posts, originalité du dessin, humour drôle, bref, du plaisir de lecture.

Les valeurs sûres

Bouletcorp : le must, évidemment, mais son succès est mérité. Les Notes de Boulet sont édités dans la collection « Shampooing » de Delcourt et regroupent les planches du blog. Entre fiction et autobiographie, les posts ont l’allure de vraies planches de BD.

L’actu en patates : histoire de s’informer un peu et de rire du malheur des français.

La sélection

Tu mourras moins bête : par Marion Montaigne. Blog beaucoup moins actif ces temps-ci, mais vous pouvez zieuter les archives, il y a de quoi rire et s’instruire ! Le principe : le professeure Moustache accompagnée de son assistante Nathanaëlle nous éclaire sur les questions que l’on se pose tous, comme : « Le père Noël peut-il exister ? », « Pourra-t-on un jour se téléporter ? », « Qu’est-ce qui nous arrive si on se retrouve dans le vide spatial sans combinaison ? » Des vraies questions, quoi.

Leslie Plée : ancienne libraire, elle est l’auteur de Moi vivant vous n’aurez jamais de pauses ou comment j’ai cru devenir libraire, aux éditions Jean-Claude Gausewitch, un témoignage affolant du fonctionnement de certaines « grandes surfaces de produits culturels ». Un blog agréable à suivre : avec son trait plein de « fraîcheur », cette jeune fille attachante croque sans prétention son quotidien, qui est aussi le nôtre.

Comme quoi : blog de Bastien Vivès, nouvelle star de la bande dessinée montante, qui a réussi à pêcher un éditeur (KSTR chez Casterman). Conscient de son art et obsédé sur les bords, il est toutefois pourvu d’un certain talent, notamment pour le dessin à l’encre, en plus de son humour, disons « particulier ».

Le coup de cœur

Soit dit en passant : par Vincent Caut. Selon Federico, un (grand) auteur de BD en devenir. Son blog a connu son succès pendant l’année dernière, son année de bac. Il est maintenant aux Beaux-arts de Paris. Il a aussi gagné un prix Jeunes talents à Angoulême l’année dernière et son premier livre est sorti il y a quelques mois chez Diantre! (une BD pour les 8-12 sur les pirates). Il n’a donc même pas 20 ans, un humour fin, un trait stylé qu’on prend plaisir à voir évoluer, et aussi des carnets de croquis franchement prometteur.

07
Juin
10

Tranchecaille

De Patrick Pécherot

Vous n’êtes pas sans l’ignorer, les lapins dans leur milieu naturel habitent dans des terriers, sorte de conduits creusés sous terre où il fait bon vivre. Quand Federico a appris que certains hommes avaient vécu sous terre, il s’y est intéressé de très près. Mais il a vite été déçu. Il a en effet découvert que cela n’avait été qu’une passade (entre 1915 et 1918) et que les hommes vivaient semi enterrés dans ce qu’ils appelaient des tranchées. Les rares fois où ils étaient vraiment sous terre, en général c’est qu’un truc avais explosé. Dans ce cas, de la terre ils en avaient aussi dans la bouche et dans le nez.

Perturbé par la découverte de cet absurde mode de vie, Federico n’a depuis eu de cesse d’en savoir plus sur cette tragique et avortée révolution du mode d’habitat des humains. Il a entre autre appris qu’il s’agissait en réalité d’une guerre et que ça ne faisait rire que l’état major.

En lisant Tranchecaille, notre ami rongeur a été violemment propulsé dans le quotidien boueux de ces poilus, plus particulièrement dans leur tête. Le livre vous parle avec le langage des tranchées : l’auteur ne s’écoute pas parler, il laisse entendre la voix des soldats, leur ras-le-bol de patauger dans la boue  et  de côtoyer la mort de trop près. Il est difficile pour Federico de trouver les mots justes pour décrire un livre si particulier dans lequel s’expriment des choses que seules ceux qui les ont vécues peuvent comprendre.

Les scènes de vie quotidienne au front, dans les hôpitaux de fortune et à l’arrière se suivent sans paraître être liées. Ce qui autorise l’auteur à donner la parole à tant de personnage, c’est l’enquête qui est menée par le capitaine Duparc et qui rend le tout diablement cohérent. Ce n’est pas un capitaine de la police, mais bien un militaire qui doit défendre le soldat qu’on surnomme Tranchecaille face à une cour martiale bien décidée à le condamner pour l’exemple. De quoi l’accuse-t-on ? Vous allez rire. Il aurait tué son lieutenant lors d’un assaut. Federico a failli avaler sa carotte de travers. On envoie à la mort des milliers d’hommes et on a le temps d’examiner chaque cadavre pour savoir de quel bord était celui qui l’a occis ? Comme dans tout le livre, ce sont différents détails remarqués par différents protagonistes qui ont permis d’aboutir à la thèse du meurtre et qui rendent possible l’enquête que mène Duparc.

Ce livre passionnant sur le plan historique réclame une lecture attentive : les indices de l’enquête sont partout, surtout là où on ne les attend pas. Trois carottes.

Pourquoi pas quatre ? Federico ne peut pas vous le dire sans révéler les clés de l’intrigue. À vos livres donc !

Tranchecaille, Patrick Pécherot, Gallimard, 2008, 294 p., 17,50 € ou pour les petits budgets : Folio Policier, 2010, 312 p., 7,10 €.




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