Archive pour août 2011

30
Août
11

Lady Susan

Un roman épistolaire de Jane Austen (écrit entre 1793 et 1794)

 

Parfois Federico achète des livres et ceux-ci vont se perdre dans sa bibliothèque avant même d’avoir été lus. C’est le sort qu’a connu Lady Susan il y a quelques années, avant de refaire surface il y a quelques jours. Il était temps ! En effet, ce roman – l’un des premiers écrits par Jane Austen – mérite d’être lu.

Au centre du roman se trouve Lady Susan, une jeune veuve désargentée. Cette femme est surtout une séductrice très habile et une manipulatrice patentée. Les personnages qui gravitent autour d’elle sont plus ou moins dupés par ses artifices mais tous sont victimes des calculs qu’elle effectue pour servir ses intérêts égoïstes. La forme épistolaire est idéale pour profiter pleinement du jeu de marionnettes orchestré par Lady Susan, la lecture du courrier des différents personnages nous faisant connaître leur point de vue et leurs confessions.

Federico a beaucoup apprécié la lecture de ce court roman vif et piquant, souriant régulièrement devant la crédulité de certains protagonistes et l’arrivisme de l’irrésistible Lady Susan.

Jane Austen, Lady Susan, Gallimard, 115 p., (Collection « Folio »), 2 €

27
Août
11

Minuscule

Une série télévisée créée par Thomas Szabo et Hélène Giraud.

Les humains ont beau être très terre à terre et parfois carrément au ras des pâquerettes, il est rare qu’ils s’intéressent au monde des touts petits, des insectes. La série Minuscule remédie à cette dramatique omission à travers des épisodes poétiques et décalés. Federico, dans sa grande bonté, va vous parler de ce petit phénomène.

Le principe est simple : tournés en décors naturels, les différents épisodes de Minuscule racontent les histoires de sympathiques insectes créés en images de synthèses. La galerie de personnages récurrents montre toute l’inventivité des créateurs : escargot qui se rêve en supersonique, gang de mouches bikers, coccinelle moqueuse, araignée timorée… Par la magie de scénarios pleins d’imagination, ces petites bêtes sont plongées dans des aventures peu conventionnelles et souvent burlesques !

Première étape pour découvrir l’univers de Minuscule : le site internet, à l’image de ce programme tout en surprises, bruitages rigolos et en musiques printanières. Federico vous invite vivement à aller voir l’épisode pilote qui devrait illustrer ses propos.

Deuxième étape achetez-vous une télé et regardez France 5 le matin. Si ce n’est vraiment pas possible, allez sur le site Internet de Zouzous l’émission qui passe sur la susdite chaîne et à la susdite heure. Vous pourrez visionner les derniers épisodes diffusés et ainsi passer un très agréable moment plein de sourires amusés.

Voilà, maintenant vous y réfléchirez à deux fois avant de tondre la pelouse.

23
Août
11

Miss Charity

Un roman jeunesse de Marie-Aude Murail

Federico a adoré lire Miss Charity. Pour preuve, deux après midi lui ont suffit pour dévorer ce roman de 560 pages.

Comment expliquer un tel phénomène ? D’où provient l’enthousiasme débordant ressenti par notre ami lapin ? Pourquoi Federico a-t-il été incapable d’interrompre sa lecture ?

Conscient que ces questions vous empêchent de vivre sereinement, Federico va vous expliquer pourquoi Miss Charity est un roman jeunesse génial.

Parce que…

Parce que Marie-Aude Murail s’est inspirée des 25 premières années de la vie de Béatrix Potter pour écrire cette fausse autobiographie de Miss Charity Tiddler. D’où un personnage totalement en décalage avec son époque. En effet, au XIXe siècle, les petites filles apprennent à jouer du piano et a faire des napperons mais Charity préfère observer les champignons, les moisissures et élever des souris, des canards, des crapauds, etc. De plus, à l’instar de Béatrix Potter, le compagnon préféré de Charity, qui deviendra sa muse (rien que ça) est un charmant lapin du nom de Peter. Elle le dresse, lui apprend des tours et lui tire le portrait en diverses occasions. La présence de ce lapin apporte un intérêt supplémentaire à ce livre qui n’en manque pas.

Parce que Charity Tiddler est un personnage passionnant qui insuffle son intelligence et sa fantaisie au roman. Cette naturaliste en herbe est une enfant curieuse, sensible et solitaire. En grandissant, elle s’affirme en refusant d’entrer dans le moule de la jeune fille modèle de l’époque. Elle mène sa quête d’indépendance avec beaucoup d’humilité et surtout une grande détermination à vivre (de) ses passions. Federico a suivi avec délectation son parcours, de l’enfance à l’âge adulte, au fil de ses découvertes et de ses rencontres.

Parce que les dialogues sont délicieusement percutants. Présentés à la manière d’un texte théâtral, les échanges entre les différents personnages sont livrés dans leur plus simple appareil, à l’exception de quelques didascalies. Cela crée une plus grande connivence avec la narratrice, nous donnant réellement l’impression de voir le monde à travers ses yeux.

Parce que Miss Charity est généreusement illustré, pour le plus grand plaisir des yeux. Le crayon vif et les aquarelles indisciplinées de Philippe Dumas collent parfaitement à la personnalité de l’héroïne. L’illustrateur s’inspire de l’univers de Béatrix Potter sans jamais l’imiter et crée une atmosphère pleine de malice.

Parce que Miss Charity est un roman drôle et touchant, qui a ému notre ami lapin pendant toute sa lecture.

 Miss Charity, Marie-Aude Murail, ill. Philippe Dumas, École des Loisirs, novembre 2008, 562 p., 24,80 €

19
Août
11

Into the Wild

Un roman de Jon Krakauer.

Federico avait vu le film, mais lorsque le livre lui est tombé sous la main, la grandiose et dangereuse nature sauvage de l’Alaska l’a englouti et transporté loin du wagon confiné du métro pour suivre l’aventure d’un humain pas comme les autres…

Moins romancé que le film de Penn, le livre du journaliste, écrivain et alpiniste Jon Krakauer est une enquête minutieuse sur l’épopée de Christopher McCandless. Une fois son diplôme en poche, ce jeune homme de 22 ans opte pour le nom de « Alexander Supertramp » et part sur les routes des États-Unis, à la rencontre de la nature et de la vie nomade, loin des perversités de la ville, de l’argent et des ambitions de carrière auxquelles le prédestinait son père.

À travers les lettres de Chris, ses cahiers et ses livres remplis de notes, ainsi que les témoignages de sa famille, de ses amis et des nombreuses personnes qui ont croisé sa route pendant ses deux années de vadrouille, Jon Krakauer tente de retracer son voyage. Atlanta, Mexique, Dakota du Sud, Fairbanks, jusqu’à la piste Stampede en Alaska ; il y découvre l’autobus abandonné où il s’installera pendant le printemps et l’été 1992, et où il trouvera la mort.

On connait l’histoire, vaguement, enjolivée, dramatisée. L’intérêt du livre, c’est de se questionner : pourquoi est-il parti ? Quelles motivations l’animaient, sa philosophie de vie ? L’auteur va au-delà du simple récit chronologique de l’aventure, il s’intéresse à la personnalité de Chris et recherche  quelles ont été ses motivations. Il s’appuie sur les récits et exploits d’autres personnes ayant mené des parcours semblables, et narre notamment sa propre aventure lorsque, au même âge que McCandless, il escalada le mont Devils Thumb en Alaska.

Ce livre fait du bien, à nos habitudes matérialistes, à notre égocentrisme. Il nous change les idées, il alimente nos questionnements sur nos chemins de vie et ceux des autres, il nous donne envie de « vivre pleinement », sans forcément vouloir être aussi extrémiste que McCandless.

Il semblerait que l’aventure de McCandless, son traitement par Jon Krakauer et l’adaptation cinématographique aient engendré quelques fureurs et autres controverses, mais notre lapin les trouve futiles et n’en a que faire. L’histoire est là, elle transporte, la nature est sauvage et impitoyable, et il y a des hommes qui tentent de la vaincre ou bien de cohabiter avec elle, mais, parfois, ils perdent.

Into the Wild, Jon Krakauer, 10/18

En passant, Federico ne résiste pas à vous conseiller la bande originale du film, par Eddie Vedder.

15
Août
11

Verte

Un roman de Marie Desplechin

Verte est une sorcière, enfin pas encore. Pour sa mère, le plus tôt sera le mieux. Verte préférerait que cela arrive le plus tard possible, voire jamais.

Un mois après la sortie de la dernière partie des aventures cinématographique de Harry Potter, ce garçon qui découvre avec joie qu’il est un sorcier et qu’en plus il va pouvoir botter les fesses des méchants, Federico a rencontré Verte. La fille qui rêve d’être normale, de se marier et d’avoir des enfants. La jeune fille est paniquée à l’idée de suivre les traces de sa mère, Ursule, sorcière moderne au caractère de cochon qui a chassé le père de sa fille après sa naissance.

Mais voilà, c’est inévitable : Verte est une sorcière et elle n’y peut rien puisque cela se transmet de mère en fille. Voyant bien que sa descendance est récalcitrante à sa destinée, Ursule s’en remet à sa propre mère, Anastabotte, pour enseigner les rudiments de la sorcellerie à Verte. L’opération va prendre une tournure inattendue et entraîner dans son sillage Soufi, un camarade de classe de l’héroïne, qui n’avait pourtant rien demandé.

En croisant les points de vue radicalement différents de ces quatre personnages, Marie Desplechin donne du relief à cette histoire toute simple et pleine d’humour. L’air de rien, elle nous parle avec légèreté des différences et de la difficulté à les surmonter surtout quand ce sont nos proches qu’on n’arrive pas à comprendre. Federico a trouvé cette lecture fort sympathique, idéale pour les jeunes lapins.

Verte, Marie Desplechin, École des Loisirs, novembre 1997, 180 p., (Collection « Neuf »). 7 € 50

14
Août
11

Thérèse Raquin

Un roman de Émile Zola (1867)

Pour commencer, une fois n’est pas coutume, Federico tient à remercier Folio et son super résumé de quatrième de couverture. Dans le genre « c’est un classique donc je ne vois pas pourquoi je me priverais de vous dire tout ce qui se passe et comment ça se termine », il est fort probable que nous tenons l’un des meilleur. Citant une critique assassine parue à l’époque de la sortie du livre, ce résumé donne le ton : on oublie tout de suite le projet d’une lecture plaisir.

Que dire sur ce roman sans en dévoiler l’intrigue ? Pour faire court, il s’agit de la descente aux enfers de deux personnages lâches, égoïstes et totalement gouvernés par leurs nerfs. Ce lent parcours est décrit de façon minutieuse et froide par ce cher Émile Zola, terreur des collégiens. Dans Thérèse Raquin, son troisième roman, l’auteur décortique le tempérament et les différentes réactions physiques de ses personnages. Leurs angoisses sont sondées avec une telle précision que le récit traverse les décennies sans prendre une ride et les deux héros trouveraient sans mal leur place en ce début de XXIe siècle.

Pour Federico, cet ouvrage est techniquement parfait mais trop froid pour être agréable à lire. La plume de Zola a le don de faire des nœuds d’angoisse dans l’estomac (c’est celle des personnages qui jaillit des pages) et de donner l’impression que votre chaleureux terrier est en réalité un lieu humide et glauque.

Federico donne deux carottes à ce classique de la littérature, en espérant que sa critique aura suffisamment asticoté votre curiosité pour que vous partiez à la découverte de Thérèse Raquin.

07
Août
11

L’île au trésor

Un roman de Robert Louis Stevenson (1883)

Comme vous le savez probablement, lapins et marins ne faisaient pas très bon ménage dans les temps jadis. Sous prétexte que les premiers auraient entraîné le naufrage de navires en rongeant les cordages de chanvre, les seconds les ont bannis de leur vocabulaire. Pour évoquer les semblables de Federico, on parlait alors de « pollop », de « l’animal aux longues oreilles », « du cousin du lièvre » voire de la « langoustine des prés »1.

Pas rancunier, Federico a quand même plongé ses moustaches dans un classique de la littérature d’aventure : L’île au trésor.

Notre ami lapin avait déjà vaguement entendu parlé du mythique Long John Silver, mais par bonheur il n’en savait pas plus sur ses aventures. Il a donc pu profiter de chaque page tournée et savourer les surprises du récit. Pour vous offrir ce même plaisir, Federico vous épargne le résumé (que vous trouverez très facilement au besoin). Notre rongeur a parfois du mal à comprendre pourquoi un livre lui a plu. Ici, la recette est simple : un jeune narrateur sympathique et un peu tête brûlée, des personnages ambivalents et moult retournements de situation. Le tout narré avec simplicité et précision. Nous épargnant les longues descriptions, Stevenson se concentre sur l’action et sur les motivations (souvent troubles) des héros. Parmi ces derniers, le fameux Long John Silver, magnifique gentilhomme de fortune est le digne représentant de l’univers à la fois sombre et flamboyant de la piraterie. Celle-ci et, plus globalement, le monde si particulier des marins (il faut être bien particulier pour ne pas aimer les lapins) est décrit à travers le regard fasciné du jeune narrateur, Jim Hawkins. Comme lui, Federico est parti à l’aventure sans savoir ce qui l’attendait et il n’a pas été déçu du voyage.

Ce seront donc 3 carottes pour ce roman à lire de 10 à 110 ans dans l’une des multiples éditions qui existent.

1. « Les superstitions des marins », Wikipédia.




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