Posts Tagged ‘Virginia Woolf

29
Déc
13

Drôle de temps pour un mariage

Un roman de Julia Strachey , traduit par Anouk Neuhoff

noté 2 sur 4

C’est Virginia Woolf qui a publié la première ce roman, qu’elle présentait comme « un très joli texte, intelligent, acide, franchement assez remarquable ». Eh bien sachez madame Woolf que notre ami lapin n’est pas du tout d’accord avec vous. Pan. Il est vrai que cette peinture d’une journée de mariage dans la haute bourgeoisie anglaise ne manque pas d’acidité, mais Federico s’attendait à tellement plus de mordant qu’il a senti dès les premières pages que le courant ne passerait pas entre lui et Julia Strachey. L’intérêt de Virginia Woolf pour ce livre n’est pas surprenant car on y retrouve l’ambiance toute en retenue de Mrs Dalloway. Dolly s’apprête à épouser Owen et pendant qu’elle biberonne du rhum dans sa chambre, sa mère use les nerfs de tout le monde au rez de chaussée, éminemment contrariée par la présence de Joseph, ancien amour de sa fille. Ancien ? C’est la question qui accompagne le lecteur au cours de cette journée en forme de vaudeville tragico-flegmatique.©LGF On guette le drame…

Au yeux de Federico, la faiblesse du roman réside dans l’écriture, à cause de l’usage abusif de descriptions imagées assez incongrues qui font trébucher le lecteur et l’empêchent d’entrer dans une histoire pourtant bien menée. En quelques conversations et situations simples, l’auteur habille ses personnages pour l’hiver et semble s’en prendre à l’hypocrisie qui règne autour de l’institution du mariage (de raison ?) et des sentiments amoureux (tout sauf passionnés). Point d’effusions dans ce roman, gardons notre sang froid ! Mais on ressent très bien les douleurs des cœurs dans les non dits et les piques qui font mouche.

C’est finalement grâce à l’adaptation cinématographique de 2012 que Federico a porté un nouveau regard sur l’ouvrage de Julia Strachey et ce, pour le meilleur. Chaque personnage est incarné avec beaucoup de talent par des acteurs très charismatiques qui sentent bon le sable chaud, Elizabeth McGovern et Luke Treadaway en tête. Ce n’est pas compliqué : on s’y croirait. À partir du roman, les auteurs du film ont tiré quelques bons fils afin d’étoffer l’histoire sans en trahir l’essence. Ainsi, on passe régulièrement de la journée froide du mariage aux chaudes journées d’été qui abritent les souvenirs des héros, beaucoup moins développés dans le livre. Il en résulte un film plein d’une délicatesse qui ne demande qu’à éclater en morceaux.

Le film a donc permis à notre ami lapin de saisir tout le potentiel de cette histoire mordante, qui lui avait paru bien fade sur le papier. C’est suffisamment rare pour mériter d’être signalé.

Julia Strachey, Drôle de temps pour un mariage, Le Livre de Poche, avril 2013, 126 p.

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30
Déc
12

Federico a écouté Mrs Dalloway pour vous

Un roman de Virginia Woolf, lu par Sophie Chauveau.

noté 3 sur 4

Federico en avait fait l’exprience avec Orlando: quand on lit un livre de Virginia Woolf on peut rapidement se perdre, tant l’auteur fait vagabonder les pensées de ses personnages et affectionne les digressions. Autant vous dire que le passage à l’audio a été fatal pour les repères de notre ami lapin. Adieux précieux chapitres, disparus salutaires paragraphes : il n’y a plus rien à quoi se racrocher…

Quel bonheur !©Thélème

Federico s’est perdu avec délice dans l’univers de Virginia Woolf, guidé par la voix grave et posée de Sophie Chauveau, qui colle parfaitement au texte et le rend plus envoûtant encore.

Clarissa Dalloway fait partie de la société mondaine de Londres et en cette belle journée de printemps d’après guerre, elle organise une « soirée » qui réunira tout le gratin. Elle est l’héroïne du roman et c’est autour d’elle que gravitent la plupart des autres personnages. Mais ce jour-là dans Westminster, le lecteur-auditeur rencontre d’autres personnages qui se retournent sur leur passé et essaient de penser à l’avenir.

Il est difficile pour Federico de résumer Mrs Dalloway de façon plus précise. Le texte l’a accompagné pendant plusieurs jours tandis qu’il déjeunait, rapait des bettraves ou tout simplement restait assis à écouter. Il a pourtant plus l’impression d’avoir été plongé dans une atmosphère que d’avoir lu. Il ne faut pas se leurrer, quand on écoute un texte et qu’on fait autre chose en même temps, il y a toujours un moment où on est moins attentif et où on perd le fil de l’histoire. L’avantage avec Mrs Dalloway et la lecture que Sophie Chauveau en fait, c’est que de tels accidents ne sont jamais dramatiques. Quoi qu’il arrive l’ambiance et les mots de Virginia Woolf vous enveloppent et il suffit simplement de reprendre le cours des pensées parfois décousues des personnages.

Cette deuxième expérience du livre lu est donc un succès et Federico prépare ses grandes oreilles pour de nouvelles histoires.

Virginia Woolf, Mrs Dalloway.

Première publication : 1925. Édition audio aux éditions Thélème : 2009.




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