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14
Juin
13

La couleur des sentiments

Un roman de Kathryn Stockett.

 noté 3 sur 4

Avec des mois de retard et parce qu’on le lui a mis dans les pattes, Federico a lu avec plaisir le roman de l’américaine Kathryn Stockett qui a connu un grand succès après l’adaptation cinématographique d’il y a quelques temps.

© Babel, 2012D’ailleurs, Federico a été plutôt désappointé par l’adaptation sentimentaliste du grand écran qui ressemble un peu trop à un bonbon acidulé, en désaccord avec le grave sujet qu’est celui de la ségrégation raciale. C’est même le film, visionné après la lecture du livre, qui lui a ouvert les yeux sur la version française du titre, La Couleur des sentiments (en version originale, il s’agit de The Help) : la couleur, le noir, le blanc, le racisme, tout ça… Oui, Federico n’avait pas capté, mais pour sa défense, sachez que cela ne reflète pas vraiment l’esprit du livre car, s’il y est question de couleurs, il n’y déferle pas une tripotée de bons sentiments, c’est un peu plus réaliste que ça.

Bref, vous l’aurez compris : même s’il n’est pas mauvais, ne vous attachez pas à voir le film, et préférez-lui le livre.

L’atout principal du bouquin, c’est que l’on entre tour à tour dans la tête des trois héroïnes : les bonnes noires Aibileen et Minny, et la jeune blanche Eugenia, surnommée Skeeter. Au fil de la lecture, leur histoire et leurs émotions se dévoilent avec naturel, partageant leurs doutes, leurs peurs et les espoirs qu’elles osent formuler.

Le livre est une captivante peinture sociale des conditions de vie et de travail des bonnes dans l’état du Mississipi dans les années 1960. Les luttes antiraciales et féministes se dessinent en arrière-plan, alors que les héroïnes s’y engagent d’une manière très peu militante, mais plutôt personnelle.

Les femmes au foyer (qui laissent l’entretien de leur susdit-foyer et l’éducation de leurs enfants à leur bonne noire afin de mieux passer leur temps chez le coiffeur et à l’organisation de diners caritatifs pour les pauvres petits enfants africains de l’autre bout du monde) en prennent pour leur grade. Quant aux hommes, ils sont soit très occupés à travailler, soit alcooliques, soit empotés… Bref, une époque (un peu caricaturale mais sûrement fidèle) où il ne faisait pas bon vivre lorsqu’on était femme et/ou noire.

On passe donc un chouette moment en compagnie de Skeeter, Minny et Aibileen, qui confèrent toutes trois un ton enlevé et attachant à ce bouquin qui se lit avec plaisir, aisance et quelques grincements de dents…

Kathryn Stockett, La Couleur des sentiments, Babel, 626 pages, 9,70 €

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17
Mar
13

Une place à prendre

Un roman de J. K. Rowling.

noté 2 sur 4

Par dévouement, mais aussi par curiosité, Federico a lu le pavé de J. K. Rowling… Et oui, quid du dernier né de la maman de Barry Crotter ?

On le sait, les médias l’ont rabâché tout au long de la rentrée de septembre : Une place à prendre est un livre pour adulte. Soit. En passant, Federico remarque que préciser à tout bout de champ « livre pour adulte » sous-entend, et surtout souligne, que la saga du sorcier binoclard était avant tout un « livre pour enfant », et donc qu’il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes nom d’une pipe en terre. Cela agace un peu notre ami lapin, car le plus important n’est pas de déterminer si c’est un livre pour les enfants, les adultes ou les poissons-chats, mais si ce bouquin vaut le coup qu’on y mette le museau. Au vu des 2 carottes, difficile de trancher… Ben oui, c’est pas mauvais, ni génialissime, c’est juste pas mal.

© Grasset, 2012Il faut quand même le dire, J. K. Rowling est une bonne conteuse. Alliant suspens, action et émotions, elle alterne différentes voix qui portent avec aisance l’intrigue du roman. Au fait, de quoi ça cause ?

Voici l’histoire :

Suite au décès soudain de Barry Fairbrother, un siège est vacant au conseil paroissial de la petite ville de Pagford. Les notables de la bourgade anglaise se préparent aux élections à venir et se déchirent alors sur la grande question qui anime la commune depuis des décennies : la cité des Champs doit-elle rester sous l’administration de Pagford ou bien rejoindre la tutelle de Yarvil, la ville « rivale » voisine ? Amis et opposants du défunt se croisent et se confrontent, et les secrets bien cachés entre les murs des grandes maisons cossues finissent par éclater au grand jour sur le site internet du conseil paroissial sous l’anonymat du « Fantôme de Barry Fairbrother »…

Secrets, drames familiaux, embrouilles, jalousie, sexe… « mais c’est Desperates housewives » direz-vous ! « Et oui ! », répond Federico.

Malgré les clichés éparpillés ça et là, certains personnages prennent de l’épaisseur au fil de l’histoire et on découvre des rapports entre parents et adolescents particulièrement conflictuels. On fait donc connaissance avec Andrew, ado introverti et boutonneux, son meilleur ami à l’humour cinglant Stuart, Sukhvinder, une jeune indienne mal dans sa peau et brimée en classe, et surtout Kristal, une fille de la cité qui lutte au quotidien contre l’emprise de la drogue sur sa mère et tentant de veiller au mieux sur son petit frère. Côté adulte, on rencontre le patriarche qui veut tout commander, la « première dame » du patelin qui participent à des œuvres caritatives, la fille qui débarque de Londres, la famille d’origine indienne, la cougar, le crapuleux, le looser, etc.

En vrai melting-pot social, plein de thématiques pas gaies y sont traitées : des scènes de violence, sexe, drogue, viol, enfants et épouse battus, scarifications, mais aussi du racisme, de l’adultère, Federico en passe des vertes et des pas mûres… Le tout avec en arrière-plan l’attachement de l’auteur à dépeindre les retors de la politique locale…

Cela doit donc être cette intrigue trop politique et sociale, mais aussi cette narration trop lisse (et peut-être trop facile) qui empêche Une place à prendre de captiver et bouleverser son lecteur jusqu’à la moelle, et donc de rester dans les annales conejienne.

Une place à prendre, J. K. Rowling, Grasset, 2012, 682 pages

24
Mar
12

Hunger Games

Trois romans (ado) de Suzanne Collins.

Federico est un lapin tendance. Pour vous le prouver, il va consacrer un long article hyper structuré à ce grand succès de la littérature adolescente qu’est la trilogie Hunger Games.

L’adaptation cinématographique qui vient de sortir va-t-elle faire exploser les ventes pour faire place à un nouveau phénomène Twilight ? Lecteurs avides, vous vous ronger les patounes en vous demandant si OUI ou NON vous devez lire Hunger Games avant que le succès n’arrive, encore plus grand, encore plus médiatique. Mais n’ayez crainte ! Votre guide aux grandes oreilles est là pour trancher la question.

OUI ! Notre ami lapin vous conseille fortement la lecture de la trilogie best-seller, et il s’en va de ce pas vous expliquer pourquoi.

Introduction : La folle histoire

Federico voudrait vous parler des trois tomes de cette saga tout en rebondissements, mais il serait ainsi obligé de vous dévoiler des éléments clés des intrigues qui se nouent et se dénouent tout au long de l’histoire, et ça, il ne veut pas !

Pour résumé sans spoiler, Federico peut vous dire que l’histoire se situe à Panem, une société totalitaire construite sur les vestiges des États-Unis. Dirigée par le Capitole, elle organise chaque année des jeux de la faim, les Hunger Games, créés afin de punir et garder le contrôle sur les douze districts suite à leur rébellion 74 ans auparavant. Douze filles et douze garçons, âgés entre 12 et 18 ans, sont tirés au sort et jetés dans l’arène où ils se livrent un combat à mort sous l’œil des caméras et des juges. Toute la population de Panem est contrainte d’assister à cet abject spectacle.

Voilà pour le (joyeux) décor.

Alors que sa jeune sœur Prim est désignée pour participer aux prochains jeux, Katniss se porte volontaire pour la remplacer. Elle se retrouve projetée dans le cruel engrenage de cette arène où elle va devoir lutter pour sa survie et tenter de conserver son humanité.

Vous venez de faire connaissance avec l’effrontée et courageuse héroïne de la saga Hunger Games. Découvrez maintenant ce qui rend ces romans uniques.

Grand un, petit a : Une héroïne qui n’a rien demandé 😦

Contrairement aux univers de la fantasy ado, Katniss n’est pas l’élue-qui-sauvera-le monde-du-méchant-qui-veut-répandre-le-mal. Elle est, malgré elle, contrainte de se battre pour sa survie mais aussi pour échapper à ceux qui veulent l’utiliser. En effet, les Hunger Games ne sont rien d’autre qu’une émission de télé-réalité avec tout ce que cela implique : images chocs, candidats soumis au bon vouloir des juges, mise en scène, exacerbation des sentiments les plus vils, voyeurisme, etc. La seule différence avec les programmes qui existent dans la vraie vie, c’est que les candidats sont éliminés… définitivement. Federico a été interpellé par ce portrait acerbe de la société du spectacle qui dénonce la manipulation des images pour servir une cause ou contrôler une population, ainsi que les dérives de ces pratiques.

Grand un, petit b : Des thématiques vachement pas ordinaires

Hunger Games est une histoire de survie, de manipulation, de médias… et d’amooour. Aux yeux de Federico, elle peut trouver écho chez les adolescents et les inciter à s’intéresser, à comprendre, et éventuellement à remettre en question le monde dans lequel ils vivent. Notre ami lapin y a lu des messages de paix, de tolérance, et même de respect de l’environnement (des problématiques assez actuelles, non ?). L’ouverture au monde est essentielle dans ces livres, en opposition à l’égocentrisme des romans sentimentaux à la mode dont on abreuve la jeunesse… Mais rassurez-vous chers lecteurs, les héros et leurs aventures haletantes ne sont pas remisés au second plan au profit d’une morale : celle-ci demeure sous-jacente.

Grand deux, petit a : Une histoire qui envoie du lourd !

Au cours de sa lecture, Federico oscillait perpétuellement entre la peur et l’excitation de tourner la page, viscéralement scotché à l’histoire, comme si sa vie était également en jeu ! Suzanne Collins réussit à instaurer un suspense qui perdure en intensité et en qualité d’un bout à l’autre des romans.

Sa recette ? Une louche de dangers mortels, de drames et d’émotions confuses, une cuillère à soupe d’hémoglobine et une pincée de sadisme. Cela a beaucoup plu à notre gentil lapin ! Mais c’est surtout la complexité des personnages et leur rôle ambigu qui l’ont captivé, jusqu’à peupler son sommeil de mille interrogations… « Qui va mourir aujourd’hui ? »

Grand deux, petit b : Une narration au poil

Un autre ingrédient magique de l’auteur est de nous plonger dans la tête de Katniss avec perfection. Le lecteur se retrouve ainsi happé au cœur de l’action, au plus près des émotions de l’héroïne. Ce point de vue est fidèlement conservé d’un bout à l’autre du récit, quitte à parfois déstabiliser le lecteur (quand il partage la confusion de Katniss), mais lui offrant un récit plus authentique et plus cohérent.

L’écriture de Suzanne Collins sert à merveille cet efficace choix narratif. Son style élaboré évite toutefois les effets faciles ; les mots s’effacent au profit de l’action et de l’émotion, abattant toutes les barrières entre le lecteur et les personnages. L’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des quiches, et ça, Federico approuve !

Conclusion : Quoi ?! Vous ne l’avez pas encore acheté ?

Vous l’avez compris, Federico a trouvé beaucoup de qualités à cette saga. Il est vrai que la violence est très présente, c’est pourquoi notre sage rongeur pense que ce livre n’est pas à placer entre de trop jeunes pattes. Cette exception faite, ces livres s’adressent à un large public et ont le mérite d’aborder des sujets très politiques en les mêlant à une intrigue passionnante. De plus, leur écriture fluide les rend encore plus accessibles et populaires.

N’hésitez plus à lire Hunger Games ! Vous ferez peut-être quelques cauchemars, mais Federico vous garantit qu’il seront plein de rebondissements et d’inventivité…

Hunger Games, Suzanne Collins, Pocket Jeunesse, 2009, 400 pages

Hunger Games : L’embrasement, Suzanne Collins, Pocket Jeunesse, 2010, 400 pages

Hunger Games : La révolte, Suzanne Collins, Pocket Jeunesse, 2011, 432 pages




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