Archive for the 'Cinéphilapin' Category

20
Jan
14

Des Portraits de Jane Austen

Il y a quelques temps, Federico a consacré un marathon critique à Jane Austen, , ici, re-là, re-re-là, re-ici, ici également, là enfin.

À diverses reprises, au cours de ses lectures, notre ami lapin a ressenti une étrange proximité avec l’auteur, comme si elle se tenait à quelques mètres de lui et non pas morte et enterrée depuis deux siècles. Cette sensation est d’autant plus incongrue qu’on ignore presque tout de la femme que Jane Austen a été et à peine plus de l’auteur. Seules quelques lettres ayant survécu à la censure de sa sœur Cassandra et d’autres conservées par ses neveux et nièces nous sont parvenues. À partir de ce peu, auteurs et réalisateurs ont tenté de dresser le portrait de cette femme si mystérieusement actuelle. Parmi toutes les bio-pics/-graphies, Federico en a vues/lues trois et va vous dire ce qu’il en a pensé.

Becoming Jane

©Miramax Films

« Lâchez ma main Miss Austen, vous m’écrasez les doigts ! »

Notre ami lapin n’a jamais vraiment eu envie de commenter ce film, mais l’occasion faisant le larron, il va tout de même aller puiser dans ses souvenirs pour vous en parler. Becoming Jane imagine l’histoire d’amour passionnelle entre la jeune Jane Austen et un certain Tom Lefroy, qui se serait terminée dans une fugue avortée et aurait servi d’inspiration pour le reste de son œuvre. Si on fait abstraction des personnages auquel le script s’attaque, le film est très agréable à regarder, bien écrit, bien interprété et on vibre pendant 2 heures au son de la passion qui étreint les deux protagonistes (oui, une passion qui étreint, ça fait du bruit). Mais voilà, pour Federico, le mot passion ne colle pas avec l’idée qu’il a de l’auteur : une femme mesurée qui se moque à plusieurs reprise dans son œuvre des impulsions amoureuses, leur préférant de loin la stabilité d’un mariage réfléchi. On peut certes penser que cette vision du monde peut lui être venue suite à une grosse casserole sentimentale de ce genre. Pourquoi pas. De toutes façons, Federico n’est pas plus capable qu’un autre de remplir les vides béants dans la biographie de Jane Austen. Le film n’a pas cette prétention non plus. Il cherche juste à apporter une réponse adaptée au public actuel à la question suivante : comment une femme restée célibataire toute sa vie a-t-elle pu dessiner un portrait aussi juste de la vie amoureuse de ses contemporains ? Becoming Jane propose l’expérience de terrain comme hypothèse, Federico préfère y voir la manifestation d’un grand talent d’observation.

Miss Austen regrets

©BBC

Jane Austen à l’air un peu triste mais sa sœur Cassandra n’en a rien à cirer, elle préfère rire avec les feuilles de l’arbre.

Beaucoup moins fougueux que Becoming Jane, ce téléfilm se concentre sur les dernières années de la vie de l’auteur et met l’accent sur sa notoriété d’écrivain et son rôle de tante, qu’elle prenait très au sérieux. Le téléfilm montre une Jane Austen ouvertement anti-conformiste et un brin égoïste. Ici le grand pari du scénario est de suggérer que l’auteur aurait regretté de ne pas s’être mariée. Encore une fois, rien dans les documents qui nous sont parvenus ne permet d’avancer une telle chose, mais on se doute bien que de telles confessions auraient été évidemment détruite par sa sœur Cassandra. Malgré cette réserve, Federico a été très ému par ce portrait de Jane Austen, Olivia Williams est très convaincante quand il s’agit de montrer la sensibilité de son personnage. Comme on s’en doute, la fin requiert un usage assez important de mouchoirs en papier. Notre ami lapin a par ailleurs remarqué que, comme dans Becoming Jane, la mère de l’auteur (qui a fini sa vie de façon très modeste auprès de ses deux filles célibataires) lui en veut beaucoup d’avoir refuser d’épouser un très bon parti qui lui aurait assuré l’aisance financière ainsi qu’à ses proches. On retrouve ici le trait de caractère principal des mères présentes dans les romans de Jane Austen : l’obsession du mariage avantageux. Dans les deux cas, les films oublient que les frères de l’auteur ont plutôt bien réussi et ont toujours veillé à ce que Mrs Austen, Jane et Cassandra ne manquent de rien.

Un portrait de Jane Austen

Allez, on quitte les écrans et on revient au papier. Bienvenue dans le monde tout bisounoursé de David Ce©Payotcil, universitaire anglais spécialiste de l’auteur. Pour caricaturer son propos, Jane Austen était un génie, belle, intelligente, drôle, sa famille était trop géniale, qu’est-ce qu’on se marre et dans la maison il y avait des papillons partout. Ouiiiiii !! (couinement extatique)

Bon, d’accord, Federico exagère un peu. Mais l’impression qu’il a eu en lisant ce livre est que l’admiration débordante de l’auteur pour son sujet… déborde un peu trop. Cet enthousiasme mis à part, le biographe se montre honnête et avoue beaucoup spéculer sur ce qui s’est passé entre les lettres qu’il cite. Ces dernières sont très intéressantes à lire. On y découvre une Jane très différente de la jeune femme passionnée de Becoming Jane : l’auteur ne cherche pas l’histoire d’amour planquée sous le tapis et au contraire nous montre une femme très à l’aise dans son rôle d’observatrice et comblée d’amour par sa famille (attention, lâcher de colombes dans 3, 2, 1…). Ce qui a le plus intéressé Federico dans ce portrait, c’est la présentation du milieu et de l’époque dans laquelle Jane Austen a vécu et dont elle a tiré le matériau de ses livres. Il s’avère que l’auteur était totalement en phase avec son environnement social et cela rend d’autant plus épatante sa capacité à nous parler avec cette voix intemporelle. N’étant pas un amateur de biographies, Federico a trouvé la lecture de ce livre très plaisante, son style le faisant presque passer pour un roman.

Finalement, Jane Austen peut rester tranquille, son aura de mystère n’est pas près de s’envoler. Un voyage en DeLorean s’impose aux plus curieux !

Becoming Jane, réalisé par Julian Jarrold, 2007

Miss Austen Regrets, réalisé par Jeremy Lovering, 2008

Un portrait de Jane Austen, David Cecil, traduit par Virginie Buhl, Payot, octobre 2013, 300 p.

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12
Déc
12

A cup of tea ?

Trop badass

Et pour ne pas mourir idiot : Le monsieur qui l’a fait

 

11
Juin
12

Federico au far west

Le saviez vous ? Federico aime les westerns. Ouaip.

Il n’y connaît pas grand chose, mais du peu qu’il ait vu, tout est dans l’ambiance. Notre ami lapin aime la poussière du désert, la musique des saloons, les silences qui en disent long, les duels méchant vs gentil qui suspendent le temps, le clic d’un revolver qu’on arme, le sifflement des balles qui ricochent sur rien, Clint Eastwood, Steeve McQueen… Il ne manque plus qu’un lapin à éperons qui font « kling » et on approcherait la perfection.

La plus grosse dose d’ambiance western euphorisante qu’a goûté Federico se trouve dans… un livre ! Ce même livre s’étant transformé en un formidable film, il était temps que votre chroniqueur aux longues oreilles vous fasse part de son enthousiasme.

Étape 1 : True Grit, le (génial) roman de Charles Portis, publié en 1968

Mattie Ross a 14 ans quand son père est assassiné par son contremaître Tom Chaney. Ce dernier prend la fuite vers les territoires indiens. Mais Mattie est bien décidée à ce que justice soit rendue, quitte à aller chercher Chaney par la peau des fesses. La jeune fille, loin d’être une gourde, sait pourtant qu’elle n’y parviendra jamais seule. Elle entreprend donc d’embaucher le marshall le plus coriace du secteur, Rooster Cogburn. Pourquoi lui ? Parce qu’il a du cran. Et au fil du livre, on découvre que Mattie n’en manque pas non plus, qu’il s’agisse de négocier des poneys (preuve de plus que le far west est coolissime : il y a des poneys) ou de tenir la dragée haute à un Texas ranger (non, ce n’est pas Chuck Norris) également à la poursuite de Chaney.

Dès les premières lignes, Federico était prêt à prendre la direction du fan club de Mattie Ross. Charles Portis a eu la merveilleuse idée de lui confier la narration de son livre. Il en résulte un ton très franc et un regard sans concession sur les différents protagonistes. Mattie est une fille droite dans ses principes, réfléchie, parfois un peu naïve mais jamais stupide et dotée d’un sens acéré de la répartie. Ce fut un délice pour notre ami lapin de la voir évoluer dans l’univers brut et sauvage des territoires indiens.

L’écriture de Charles Portis est rêche et terriblement efficace : elle donne vie en quelques mots à des personnages qui ont, à l’instar de Mattie et de Cogburn, marqués notre ami lapin. Il n’y a aucun temps mort dans l’action et le final, littéralement explosif, a laissé Federico tout chose.

Étape 2 : True Grit, l’épatant film réalisé par Joel et Ethan Cohen en 2010

True Grit est un livre tellement formidable qu’un an après sa sortie, il était déjà adapté au cinéma avec John Wayne dans le rôle de Rooster Cogburn. Ça calme. Mais Federico il s’en moque car il n’a jamais vu ce film (qui est très bon, paraît-il). Par conséquent, en allant voir la version des frères Cohen, il n’avait que le livre pour référence, ce qui place la barre assez haut.

La bande annonce (que voici) laissant présager du meilleur, c’est un Federico frétillant d’impatience qui s’est rendu au cinéma un soir de février, en 2011.

Une heure et cinquante minutes plus tard, c’est un lapin aux yeux émerveillés par tant de westernitude qui est sorti de la salle obscure.

Malgré quelques écarts nécessaires à l’adaptation cinématographique, ce film reste très fidèle au livre dont il est tiré. Les frères Cohen (non cela ne désigne pas une bande de voleurs) ont réussi à extraire l’atmosphère de sa maison de papier et à lui donner son indépendance.

Les acteurs, les dialogues, la musique (plus discrète que dans la BA), les décors… Federico n’arrive pas à mettre la patte sur un défaut. Tout s’articule avec un naturel qui enveloppe le spectateur et l’embarque dans le mythe du western. Alors qu’il regardait True Grit pour la seconde fois sur son petit écran, Federico ne cessait de se dire « nom d’un pâté de carottes, ce film est formidablement génial ! ». Notre ami lapin est à chaque fois ému par cette ébouriffante aventure, et surtout par Mattie, personnage littéraire passionnant, interprétée avec beaucoup d’aplomb par Hailee Steinfeld. Au cœur d’un casting aux petits oignons, c’est elle qui retient le plus l’attention de Federico : très naturelle, elle parvient à donner vie aux différentes facettes de Mattie.

Il va sans dire que la prochaine fois que vous ne saurez pas quoi faire de votre argent, suivez les conseils de votre dévoué chroniqueur et investissez dans du divertissement de qualité. Ce sera toujours plus fiable que les actions Tête de Livre…

27
Août
11

Minuscule

Une série télévisée créée par Thomas Szabo et Hélène Giraud.

Les humains ont beau être très terre à terre et parfois carrément au ras des pâquerettes, il est rare qu’ils s’intéressent au monde des touts petits, des insectes. La série Minuscule remédie à cette dramatique omission à travers des épisodes poétiques et décalés. Federico, dans sa grande bonté, va vous parler de ce petit phénomène.

Le principe est simple : tournés en décors naturels, les différents épisodes de Minuscule racontent les histoires de sympathiques insectes créés en images de synthèses. La galerie de personnages récurrents montre toute l’inventivité des créateurs : escargot qui se rêve en supersonique, gang de mouches bikers, coccinelle moqueuse, araignée timorée… Par la magie de scénarios pleins d’imagination, ces petites bêtes sont plongées dans des aventures peu conventionnelles et souvent burlesques !

Première étape pour découvrir l’univers de Minuscule : le site internet, à l’image de ce programme tout en surprises, bruitages rigolos et en musiques printanières. Federico vous invite vivement à aller voir l’épisode pilote qui devrait illustrer ses propos.

Deuxième étape achetez-vous une télé et regardez France 5 le matin. Si ce n’est vraiment pas possible, allez sur le site Internet de Zouzous l’émission qui passe sur la susdite chaîne et à la susdite heure. Vous pourrez visionner les derniers épisodes diffusés et ainsi passer un très agréable moment plein de sourires amusés.

Voilà, maintenant vous y réfléchirez à deux fois avant de tondre la pelouse.

26
Mar
11

Fuck Yeah, Movie Posters !

Vous aimez le cinéma ?

Vous aimez les belles images ?

Vous n’avez pas le temps de lire ?

Vous avez une folle envie de digresser ?

Si oui, alors Federico a trouvé un site pour vous : Fuck Yeah, Movie Posters !

Derrière cette appellation fort barbare (on se sent quand même un peu agressé) se cache une suite d’affiches de films divers et variés, dans leur version d’origine ou plus souvent revues et corrigées par des créateurs inspirés. Quelques exemples ci-dessous :

Voilà, à présent vous pouvez abandonner définitivement toutes les choses importantes et urgentes que vous étiez en train de faire !

07
Août
10

La vidéo bonne humeur

Federico ne le redira jamais assez : le fil d’ariane, c’est trop de la balle. Démonstration tout de suite maintenant. (À la fin de l’article, vous aurez compris le sens du titre. Dans les premiers paragraphes ça risque de ne pas être très évident)

Vous êtes un lapin en mal de divertissement, alors, vous décidez d’aller au cinéma voir le dernier blockbuster de Christopher Nolan, Inception. Dans ce film joue Joseph Gordon-Levitt. Comme vous l’avez trouvé sympa dans le film mais que vous ne connaissez rien à sa vie, vous foncez sur Imdb.com, base archi complète sur le cinéma. Et c’est là qu’Ariane vous attrape. Sur Imdb vous découvrez que l’acteur en question a joué dans la comédie romantique (500) jours ensemble. Tiens, c’est pas un film que vous aviez voulu voir lors de sa sortie ?  Ni une, ni deux, vous usez de moyens occultes afin de visionner le film. Une heure et trente six minutes plus tard, vous êtes ravis d’avoir vu cette charmante comédie avec de charmants acteurs, dont Zooey Deschanel (dont on va reparler plus tard). Curieux de nature, vous avez envie de savoir ce que d’autres internautes ont pensé du film. Vous tombez sur une critique qui propose un lien vers une vidéo. Vous cliquez et atterrissez sur une vidéo à laquelle vous ne vous attendiez pas.  C’est là que le titre de l’article se révèle être vachement bien trouvé :

Après vous être pâmé pendant deux minutes parce qu’ils dansent trop bien et que la musique est chouette comme tout, vous vous faites hameçonner de nouveau par notre amie Ariane. Car une question se pose : qui se cache derrière ce nom She and him ? Quel est donc ce charmant groupe ? Une rapide recherche et vous tombez de votre fauteuil : c’est Zooey Deschanel, et nulle autre, qui interprète les chansons du duo qu’elle forme avec M. Ward  (prononcer « m », pas monsieur). Vous suivez le fil et débarquez sur Deezer pour passer un excellent moment en écoutant (gratuitement pour l’instant) les deux albums de She and him. Trente minutes plus tard, vous êtes conquis.

Et voilà, en même pas trois heures, vous avez découvert un acteur, un film, une actrice et un groupe. Elle est pas belle la vie ? Et la vidéo, elle ne vous a pas mis de bonne humeur ? Hein ?

Maintenant il ne vous reste plus qu’à fermer les nombreux nouveaux onglets que ce perfide article vous a fait ouvrir.

25
Jan
10

Écoutez vos films !

Ceux qui savent profiter d’une bonne séance de cinéma (c’est-à-dire, le contraire de ça) sortent souvent du cinéma avec un tourbillon de papillons (pardon, Federico ne sais pas ce qu’il lui a pris) de souvenirs dans la tête. Ça peut être n’importe quoi : un gros fou rire, une réplique qui tue, de grosses larmes, un sanglot étouffé tant bien que mal, une baston à couper le souffle, la nullité du film qu’on a vu, les lunettes 3D louées 2 € qui glissent, les coups de pied du voisin de derrière, le physique de l’acteur principal…

Néanmoins, une chose revient souvent à la mémoire de notre ami lapin quand il sort de la salle pour affronter la froide réalité : la bande originale. Le son sur lequel le film s’est joué. Quand c’est bien fait, on le distingue à peine pendant le film : la musique imprègne la pellicule et est un acteur comme un autre de l’ambiance générale. C’est quand on sort que les chansons viennent couvrir le bruit de la circulation.

Et que fait Federico dans ces cas là ? Il se rue sur Internet afin de savoir quels noms portent les mélodies qui l’ont transporté. Ses deux sources favorites : IMDB (The Internet Movie Data Base), le nec plus ultra du site cinématographique qui décortique les bandes sons des films ;  Deezer et Jiwa, sites d’écoute de musique gratuits (du moins, pour le moment) qui lui permettent de réécouter certains morceaux musicaux. Et c’est là que le film commence sa deuxième vie comme prescripteur de musique. Que la bande originale ait été composée pour le film ou soit une compilation de musiques existantes, Federico n’a de cesse de faire de nouvelles découvertes. Grand adepte du fil d’Ariane, il suit des musiques qui le conduisent jusqu’à leurs artistes et rencontre des chanteurs et groupes d’exception.

Rien que pour vous, voici quelques films dont les BO (trèèèès diverses) ont fait frissonner les grandes oreilles de notre ami Federico :

Les infiltrés, de Martin Scorsese.
La famille indienne, Karan Johar.
Jarhead, de Sam Mendes.
Marie-Antoinette, de Sofia Coppola.
Watchmen, de Zack Snider.
The Darjeeling Limited, de Wes Anderson.
Gladiator, de Ridley Scott.
Singin’ in the rain, de Stanler Donen.
Orgueil et préjugés, de Joe Wright.
Disney, par Disney
The boat that rocked, de Richard Curtis.

Bon, on va s’arrêter là pour aujourd’hui, sinon on y sera encore le jour de la sortie de High School Musical 13.




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