Archives de mai 2010

15
Mai
10

Alim le tanneur

Alim est un hors-caste. Il vit seul avec sa fille, Bull, et son beau-père dans une pauvre cahute en marge de la ville, la majestueuse Brahmalem.

L’univers fantasy – sans dragons ni guerrières plantureuses – est le théâtre des déchirements religieux entre les civilisations. L’ordre religieux dévoué au culte du prophète Jésameth régit la vie de son peuple et part en croisade soumettre les païens – blancs, blonds et barbus… – sacrifiés lors des grandes célébrations, joyeuses et sanglantes. Victime de la répression envers les hors-castes, Alim et Bull échapperont de peu à la mort et seront voués à l’exil. Mais où qu’ils aillent, la folie expansionniste du culte Jésaméthien les rattraperont, même au bout du monde.

L’histoire est dessinée en toute simplicité et avec une douce précision pastel, tel un poème mélancolique sans prétentions qui nous conte la triste épopée d’Alim, simple tanneur. Une bonne bande dessinée divertissante qui parvient à se démarquer parmi les autres standards du genre.

Alim le tanneur, Wilfrid Lupano et Virginie Augustin, Delcourt, 2006, 4 tomes

10
Mai
10

Attention on vous surveille…

… mais on surveille aussi ceux qui vous surveille !

Comment ? Serions nous alors doublement surveillés ?

Meuh non, voyez plutôt la découverte que Federico a faite aujourd’hui. Dans notre société de télé réalité, de profils Facebook et des fichiers Edwige, une ONG épingle tout ceux qui s’attaquent de près ou de loin à notre vie privée, voire à notre liberté.

Cette ONG, c’est Privacy International qui, en plus d’avoir un logo qui fait peur, a fait des petits dans le monde entier. Même en France, cocoricoo ! Mais le mieux, c’est que depuis 1998, la maison mère organise chaque année une sorte de festival de Cannes de la violation de vie privée : les Big Brothers Award. Selon différentes catégories, des « surveillants » sont sélectionnés et reçoivent un super trophée et un beau diplôme à mettre dans le hall d’entrée ou dans les wc. En France, les BBA sont organisés depuis 2000.

Parce que la paraphrase ne fait pas partie des envies du jour de Federico, lisez donc cet extrait du « manifeste » de l’organisation, à lire en entier sur le site http://bigbrotherawards.eu.org/ (page « à propos ») :

« Objectif : surveiller les surveillants, et montrer du doigt (« name and shame ») les personnes ou institutions qui représentent le mieux la société décrite par George Orwell dans son ouvrage de référence, 1984. (…)
Si nous ne voulons pas, comme Winston Smith le héros du roman d’Orwell, être arrêtés pour « crime-pensée », il est nécessaire, chaque jour, de surveiller les surveillants et de défendre ce qui nous reste de vie privée et de libertés. Il est urgent de ne plus se sentir coupable de vouloir préserver son intimité, ceux qui doivent avoir quelque chose à se reprocher sont précisément ceux qui violent cette intimité au grand jour. »

Pendant que vous y serez, vous n’aurez qu’à consulter la liste des nominés dans chaque catégorie pour les BBA France de 2010… Vous allez rire jaune.

Et comme Federico ne peut pas s’empêcher de vous mettre le nez dans les livres, voici un ouvrage publié au éditions La Découverte : Big Brother Awards, les surveillants surveillés. Co-écrit par plusieurs membres du collectif Big Brother Awards, il est paru en octobre 2010 dans la collection Zones.

Federico ne l’ayant pas lu, laissons l’éditeur nous en parler, et plus si affinités :

« « Mais qui surveillera les surveillants ? » La célèbre phrase du poète latin Juvénal n’a sans doute jamais été autant d’actualité que dans nos sociétés, où le perfectionnement rapide des technologies de surveillance s’accompagne de menaces inédites sur nos libertés. L’équipe des « Big Brothers Awards » décerne chaque année des « prix Orwell » aux Ministres, élus locaux, hauts fonctionnaires, institutions, grands patrons ou petits chefs s’étant distinguées par leur action en faveur de la restriction des libertés publiques, du fichage de la population, de la généralisation de la biométrie ou de la surveillance des salariés.
Les promoteurs de la société de surveillance sortent ainsi de l’ombre et peuvent jouir de l’attention légitime du public et  des médias. Les heureux gagnants auront cette année l’honneur de bénéficier d’une publicité supplémentaire, avec ce  premier rapport annuel, qui présente de façon documentée leurs solutions innovantes pour placer la population sous contrôle.
Outre la présentation complète de chaque lauréat de l’année 2008, le livre fait le bilan de près de dix ans de politiques liberticides en France comme à l’étranger, dressant ainsi une très inquiétante chronique des avancées de la surveillance globale. »

Federico vous remercie d’avoir lu cet article riche en… copiés collés et vous promet que la prochaine fois il invitera son imagination.




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