Archives de mars 2010

29
Mar
10

Le marathon critique de Federico, suite et fin

Après vous avoir fait partagé ses coups de cœur pas récents, Federico is back again pour vous parler de livres qui on plus ou moins fait mouche dans sa vie de lecture, et ce au cours de ces derniers mois.

Commençons par le moins agréable, c’est à dire le crash de la mouche. Celle-ci n’a pas atteint son but et Federico est sorti de sa lecture avec une impression de « tout ça pour ça ? ». Mais, diantre, nous oublions le plus important : le titre du livre et son auteur ! Il s’agit de Quand le requin dort de Milena Agus. Cette auteur italienne (sarde plus précisément) a été révélée en France grâce aux éditions Liana Lévi. Encensée par la critique pour son style aérien et détaché, elle a laissé notre ami lapin sur le bord de l’autoroute littéraire.

Le style ? Notre ami rongeur s’attendait vraiment à avoir des papillons dans le ventre en lisant, à ressentir cette émotion propre aux écritures qui vous transportent. Ici, ben non, rien, encéphalogramme plat. Federico n’étant pas critique littéraire, il ne s’est pas trop posé de question sur cette absence d’émotions. Il a continué cette lecture – pourtant pas désagréable – qui l’a parfois mis mal à l’aise à cause de certains sujets et le détachement avec lesquels ils sont décrits dans le livre. Il aurait aimé s’attacher aux personnages hauts en couleur présents dans le roman mais il ne s’est rien passé de notable à ce niveau là non plus. Résultats des courses : Federico s’attendait à partager l’enthousiasme général pour cet auteur, mais cette déception confirme que la lecture est un acte infiniment personnel et que personne ne peut présenter un livre comme étant indiscutablement génial.

Bien, ça c’est fait. Maintenant que cette petite contrariété est évacuée, place à l’espoir et aux livres prometteurs que notre débordé lapin n’a pu qu’entamer. En cinquante pages, voici ce que notre ami lapin a pu flairer.

Premier livre : Instructions pour sauver le monde de Rosa Montero. On a dit pas de résumés dans ce marathon. Cela arrange bien notre rongeur car il serait bien incapable de dire avec clarté et concision ce qui se passe dans le début de ce livre. Plusieurs personnages sont présents et n’ont (pas encore) de liens. On passe donc d’une histoire à l’autre et, au moment où Federico a interrompu sa lecture pour des raisons qui le regardent, le décor était à peine planté, peut-être même qu’on ne lui avait pas présenté tous les personnages. Mais ce qu’il a vu lui suffit pour savoir que les protagonistes sont assez englués dans une vie qui ne leur fait pas de cadeau. Et il va bien falloir que ça bouge. Parce qu’on sent que ça va bouger, qu’il va se passer un truc déterminant dans la vie de ces gens. Peut-être que passé la page 50 c’est le néant total jusqu’à la fin, ça on ne le sait pas. Mais toujours est-il que ce texte et son écriture ont donné à Federico l’envie de vérifier son intuition.

Deuxième livre : Swap d’Antony Moore qui par son seul résumé a conquis Federico… Comment ça on a dit pas de résumé dans le marathon ? Bon… D’accord. Dans ce cas vous ne saurez jamais que ce livre raconte l’histoire d’un libraire BD américain un peu aigri et loser sur les bords. On ne vous dira pas non plus que le dit libraire a, dans sa prime jeunesse, échangé un comic SuperMan numéro 1 contre un tuyau en plastique. Et il ne vous sera pas révélé que le comic en question va devenir un véritable objet rare, surcoté, valant des millions. Les cinquante premières pages sont terriblement alléchantes : humour noir et cynisme seront visiblement de la partie. Le décor est planté très rapidement : ouverture sur la funeste transaction suivie, quelques dizaines d’années plus tard, par le tableau de ce libraire dépité qui ne peut que compter les millions qui lui ont échappé. Sa décision est prise : il doit récupérer ce comic, c’est une question d’honneur. La lecture de Federico s’est interrompue alors que l’idée de remettre la main sur son SuperMan germe à peine dans l’esprit du héros. Comment va-t-il s’y prendre ? Pour le savoir il faudra lire la suite qui à l’air riche en situation qui sentent mauvais et qui font rire !

Sans transition, ni conclusion, Federico vous annonce qu’il arrive au terme de son marathon. Il espère vous avoir donné envie de lire ou de ne pas lire. À bientôt pour de nouvelles aventures critistiques !

Milena Agus, Quand le requin dort, Liana Levi, mars 2010, 160 pages., 15 €.

Rosa Montero, Instructions pour sauver le monde, Métailié, janvier 2010, 276 p., 20 €.

Antony Moore, Swap, Liana Levi, février 2010, 352 p., 11 €.

20
Mar
10

Le marathon critique de Federico

Comme le temps passe vite ! Une trop longue période s’est écoulée sans que vous ayez des nouvelles des lectures de notre ami rongeur. Pour tenter de rattraper cet impardonnable retard, Federico va vous faire partager ses dernières découvertes littéraires là, maintenant, tout de suite. Trop fort le lapin !

Parce que Federico n’a pas cessé de lire ces dernières semaines (il est actuellement aux alentours des 100 pages dans Terre des Oublis… qui en compte bien 700), et qu’il veut vous faire découvrir un maximum de livres, les chroniques seront moins développées qu’à l’accoutumée : du ressenti, des émotions, mais pas de résumé. Vous voulez savoir de quoi parlent ces livres dans la vraie vie ? Allez chez votre libraire et lisez-les, y’a pas marqué quatrième de couverture ici !

Entre lectures intégrales, tentatives échouées et ouvrages abandonnés faute de temps, vous allez en avoir pour votre argent. Balancez la monnaie. Et les carottes surtout.

Commençons avec les livres qui ont fait chaviré le petit cœur de notre ami lapin en ce début d’année. En premier dans la liste : Et que le vaste monde poursuive sa course folle. Federico, qui ne pèse pourtant pas bien lourd, a atteint la légèreté extrême le temps d’un roman. Une légèreté qui lui a permis d’entrer à pas légers dans le quotidien des personnages de Collum McCann. Il y a des auteurs comme ça, qui vous attrapent délicatement par le col et vous soulèvent de votre canapé pour vous plonger dans la vie pas toujours ordinaire de gens en apparence ordinaire. Il y a des auteurs qui vous transforment la vie de tous les jours en roman. En roman passionnant. Lumineux. Il adapte son style à chacun de ses personnages afin de leur donner une véritable voix, celle avec laquelle ils décrivent leur quotidien pas toujours rose dans la ville de New York.

Le deuxième coup de cœur de Federico s’appelle Les heures souterraines. Delphine de Vigan signe ici un livre très poignant et décrit avec beaucoup de justesse les pensées de deux personnages qui écrasés par un travail qui perd tout son sens, un amour non partagé ou une ville anthropophage qui resserre ses murs sur ses habitants pour les faire disparaitre. Federico a tout de suite ressenti beaucoup de sympathie pour ces personnages décrits avec beaucoup de vérité et de respect par leur auteur.

Pour les dernières pépites de la rubrique « total kiffe », allons nous balader chez les marmots, pour qui on fait des livres très chouettes. Federico en a choisi deux, même s’il aurait pu en présenter des dizaines (mais c’est un marathon, productivité et efficacité sont de rigueur, on se croirait chez Lagardère !). Ande ze ouinneurse hare :
Couleurs d’une nuit, fabriqué par Martine Laffon et Catherine-Jeanne Mercier et découvert par les éditions Belin. Ce superbe album aux dominantes bleues et noires (couleurs de la nuit donc) s’articule autour d’un poème-comptine à lire pour ne plus avoir peur du noir. Ça donne quelque chose du genre « Dors mon chat, mon petit Minouchka… » et c’est fort joli ;

– on reste dans le domaine de la trouille des couloirs sombres avec Gros Pipi, histoire délirante dÉmile Jadoul publiée chez Pastel. On y trouve un petit pingouin qui se réveille toutes les nuit avec la vessie en alerte et qui mobilise papa et maman pour l’accompagner au petit coin, situé terriblement loin de sa chambre. C’est un album court, drôle et mignon comme une blague sur les éléphants.

Une petite bibliographie bien propre, histoire de faire les choses bien :

Collum McCann, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Belfond, août 2009, 448 p., 22 €.

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, Stock, septembre 2009, 299 p., 17 €.

Martine Laffon et Catherine-Jeanne Mercier, Couleurs d’une nuit, Belin, novembre 2009, 32 p., 14 €.

Émile Jadoul, Gros Pipi, L’école des loisirs – Pastel, février 2010, 26 p., 11 €.

La suite au prochain épisode…




pause carotte
Pause carotte