Archive pour septembre 2012

28
Sep
12

Lignes de faille

Un roman de Nancy Huston.

Federico est tombé par hasard sur ce livre, emprunté dans la bibliothèque d’une maison de passage. Bien lui en a pris de poser la papatte sur ce roman singulier qui alterne les quatre voix d’une même famille.

Attention, c’est un peu compliqué : le roman est découpé en quatre parties retraçant chacune les récits de Sol, Randall, Sadie et Kristina, enfants âgés de six ans, chacun l’enfant du suivant… On commence donc par Solomon, fils de Randall, petit-fils de Sadie et arrière-petit-fils de Kristina avec qui l’on termine le livre. Capitché ?

Le début de l’histoire (qui en est aussi la fin car elle est la plus récente chronologiquement), se déroule à travers les yeux de Sol, jeune garçon de la côte ouest américaine. Le discours de cet enfant-roi de six ans, adepte des recoins sordides du net et fier supporter du président Bush, est particulièrement dérangeant et malsain, mais c’est au fond ce qui interpelle et accroche le lecteur qui découvre au fur et à mesure les histoires de la famille, entre non-dits et rancunes passées. Vient ensuite le récit de Randall qui doit quitter son enfance new-yorkaise pour Haïfa, en Israël, et où sa mère Sadie se consacre aux recherches sur le passé de sa mère Kristina. Puis c’est le tour de Sadie, fillette mal dans sa peau élevée à Toronto par ses grands-parents, en quête de la reconnaissance de sa mère Kristina qui entame une carrière de chanteuse sous le nom d’Erra. Enfin, c’est l’enfance de la jeune et jolie Kristina, dans l’Allemagne de 1945, qui boucle le récit.

Les personnages de Lignes de faille côtoient donc différentes facettes de l’Histoire, celle de la défaite allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le conflit israëlo-palestinien ainsi que la guerre en Irak. Mais c’est davantage sur le ressenti des enfants, malmenés de villes en villes, de continents en continents, et sur le sentiment de filiation que l’auteur centre le roman. Car, avec le point de vue interne de jeunes yeux de six ans, les actions des adultes sont brutes et les récits sincères, voire poignants dans les cas de Sadie et Kristina. C’est en effet un de ces livres qu’on n’oublie pas, que l’on ressasse longtemps après l’avoir refermé et reposé sur l’étagère de la petite bibliothèque dans cette maison déjà loin.

Lignes de faille, Nancy Huston, Actes Sud, 2006 (prix Femina 2006), 488 pages

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21
Sep
12

Petit lapin cherche un ami

Un album jeunesse de Céline Claire et Aurore Damant

Impossible pour notre ami lapin de ne pas vous parler (rapidement) de la dernière lapinerie parue en littérature pour n’enfants. Dans Petit lapin cherche un ami, l’auteur reprend deux thèmes usés jusqu’à la corde : la recherche d’un ami et la peur des monstres. Ce livre raconte l’aventure d’un petit lapin parti chercher des amis dans la forêt. Avant son départ, sa maman le met en garde contre le loup… mais pas contre les autres méchants qu’il pourrait rencontrer. C’est ainsi que ce craquant personnage va organiser un goûter avec des mauvais bougres bien décidés à n’en faire qu’une bouchée.

Les dessins plein d’humour et la ridicule naïveté du petit lapin apporte la touche d’originalité qui distingue cet album des autres ouvrages sur le même sujet. Ces derniers sont trop souvent très premier degré et beaucoup trop classique. Comme il est très justement dit sur le site Internet des éditions Chocolat, les illustrations d’Aurore Damant ont un petit quelque chose de très Tex Averyesque, ce qui rend cet album très dynamique et incroyablement touchant.

De toutes façons, ce livre est trop mignon et cela devrait vous suffire !

Céline Claire, Aurore Damant, Petit lapin cherche un ami, éditions Chocolat, septembre 2012, 32 p.

14
Sep
12

Le cycliste

Un roman de Viken Berberian

Dans Le cycliste, Viken Berberian nous plonge dans la tête d’un héros gourmand de la vie qui doit aller poser une bombe dans un hôtel de Beyrouth. Quelques semaines avant l’attentat, il est gravement blessé dans un accident de vélo. De son hospitalisation au jour de l’attentat, nous suivons ses pensées décousues.

L’auteur laisse la parole aux émotions de son personnage, un surprenant terroriste qui est bien loin de l’image que nous en donnent les médias. Il n’impose jamais de jugement moral.

C’est bien.

De même, il ne cède pas au spectaculaire des images d’attentats que nous connaissons.

C’est bien aussi.

Cela ne compense pas le calvaire qu’à vécu Federico en lisant ce livre indigeste. Notre pauvre lapin s’est ennuyé d’un bout à l’autre de sa lecture. Pour lui, Le cycliste s’apparente à une accumulation de métaphores culinaires et de considérations métaphysiques dans laquelle il était perpétuellement égarée. Dans cette entreprise un peu prétentieuse, le lecteur semble être le dernier souci de l’auteur.

C’est pas bien.

Viken Berberian, Le cycliste, Au Diable Vauvert, août 2012.




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