Archive for the 'Cinéphilapin' Category



16
Jan
10

Le divertissement kleenex

Lorsque Federico sort le nez de ses livres, il va au cinéma.
Enjoint par ses compatriotes, il va voir un film à gros-budget américain où il faut porter des lunettes qui glissent pour voir un marine physiquement intelligent maquillé en bleu sauter dans les arbres. Mais Federico ne vous parlera pas de ce film intimiste au scénario original, non, Federico souhaite vous parler des gens qui vont au cinéma.

Quand les gens vont au cinéma, c’est la sortie du mois.
Alors on emmène la marmaille, pépé et mémé, on y retrouve tonton et tata, on y rencontre le collègue Jean-Jacques et la copine Muriel. C’est un événement tellement important et inhabituel qu’on s’y rend une heure à l’avance et on paie une fortune des cochonneries sucrées pour que ça vaille vraiment le déplacement.

Quand les gens vont au cinéma, c’est comme s’ils étaient sur leur canapé.
Alors on s’étale, on se vautre, on parle fort et on mange. On se lève, on se rassoie, on tape des pieds sur le siège devant soi.

Quand les gens vont au cinéma, après tout ils ne sont pas chez eux.
Alors à quoi bon s’embêter à « laisser cet endroit dans l’état dans lequel ils aimeraient le trouver » puisqu’il y a des gens payés pour nettoyer la salle ? Ce n’est pas grave si Kévin n’a pas terminé son pop-corn, on n’a qu’à tout laisser là. Mégane a tout renversé sur son siège et par terre ? On n’a pas que ça à faire, faut y aller.
(Est-ce la foule qui incite et excuse de tels comportements non-civilisés ? se demande Federico.)

Quand les gens vont au cinéma, ils zappent dès que c’est terminé.
Dès la dernière image, à peine les lumières de la salle rallumées, ils se lèvent, enfilent leur manteau et se cassent. Parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre, ils ont payé pour 2 heures de film, pas pour 5 minutes de générique. Si pour la plupart leur précipitation à quitter la salle est le besoin d’en griller une juste à la sortie, cette nécessité à rentrer chez soi le plus rapidement possible donne l’impression qu’ils ont déjà oublié le film qu’ils viennent de voir.

C’est à consommer sur place et non à emporter. C’est le syndrome du kleenex, le divertissement jeté une fois utilisé.

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22
Nov
09

Halte aux orgueilleux et aux jugements hâtifs

Pride and Prejudice, Joe Wright, 2005

Le concept marketing utilisé pour la promotion du film ferait davantage fuir les lapins que les ameuter.
– Une affiche romantico-romantique sur fond d’un ciel pastel traversé par les rayons caressant du soleil qui pointe après la pluie de cette fin d’après-midi. Une petite brise soulève les mèches folles d’une jeune bourgeoise rebelle et sensuelle alors qu’un aristocrate énamouré au regard langoureux souffre de ne pouvoir l’atteindre…
– Une bande annonce longue, longue, qui montre tout, mais qui montre mal.
– Un synopsis de quatrième de couverture de DVD très étrange qui semble présenter un tout autre film.
– Enfin, si on en a l’opportunité, on essaie d’échapper à une VF stridente qui massacre le jeu des acteurs (l’abolition des doublages français, une des grandes luttes qui tiennent chères au cœur de notre lapin) et n’arrange donc pas l’exportation française du film.

Vu comme ça, ça ne donne pas envie. Mais, passé outre ses obstacles, la surprise est inattendue puisque le film évite les pièges annoncés par sa communication. Il évite les libertés hollywoodiennes et autres dangers de l’appropriation d’un scénario sans défauts pour plaire à un public américano-entertainement.

Federico a lu l’œuvre de Jane Austen. Il a apprécié l’examen précis, juste et concis, de la confection des liens entre personnes, au delà de la fierté et des préjugés, un véritable travail minutieux qui demande du temps et de la finesse à l’heure des codes de la noblesse anglaise du XVIIIe siècle. Federico aime beaucoup cette histoire qui en a inspiré beaucoup.

Notre imaginaire de l’œuvre, construit lors de notre lecture, n’est pas bafoué, spolié, ni bazardé à grand coup d’adaptation mercantile. Les acteurs ne collent pas leur faciès sur les personnages, qu’ils incarnent véritablement. On ne nous imposent rien. On accroche.
Parce qu’on sait ou devine les retors et l’évolution de leurs sentiments, on tremble avec Elizabeth, Jane et William, et même si on connait la suite, les répliques et les regards sont délectables.
L’ambiance tremblante, feutrée, contenue (et angoissante) des salons anglais est retranscrite fidèlement avec parfois plus de panache que dans le livre.

Niveau casting, Keira Knightley s’en sort pas mal. Matthew MacFadyen est un William Darcy parfait. Wickham (Rupert Friend) est vraiment moche, on ne le voit pas beaucoup comparé au livre, et c’est tant mieux. Judi Dench, Donald Sutherland, Tom Hollander, Jena Malone, Rosamund Pike, Kelly Reilly, Simon Woods, portent comme il faut le rôle qui leur a été confié.

Si vous êtes curieux, Youtube ou les bonus du DVD vous propose une fin alternative : Elizabeth Bennet et William Darcy sont amoureux, se disent des débilités et se font un bisou. Heureusement qu’elle est là cette scène, sinon on n’aurait pas compris le happy end. Totalement inutile, ou comment gâcher un film avec une scène spéciale-dédicace aux américains et à leur besoin de voyeurisme et de pré-maché.

Excepté cette scène vulgaire et outrageante pour la mémoire de Jane Austen , Federico a été surpris par sa non-déception : la prochaine fois, il se méfiera avant d’écouter son orgueil et de croire ses préjugés !

12
Oct
09

Planquez vos adolescentes, ils ressortent les canines…

Voilà, c’est fait, Federico a lâché dans le titre tous ses vilains préjugés sur la saga littéraire et cinématographique qui déchaine les hormones passions et accessoirement a sauvé le plus grand groupe éditorial français de la crise économique.

Vous avez deviné de quoi il a choisi de vous parler ?

Non ? Eh oh, faudrait voir à sortir de sa caverne de temps en temps.

Alors, si on vous dit : vampires… amour impossible… cris de fans hystériques enthousiastes ?

Bon, on ne va pas y passer le réveillon non plus : aujourd’hui, c’est de Twilight qu’il s’agit. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici quelques articles du site culturel Actualitté qui montre que la saga Twilight ce sont :
– des chiffres ahurissants, et une croissance économique assurée pour les éditeurs qui ont décroché la timbale ;
– des lectrices conquises
– … des auteurs pas conquis du tout
– … mais surtout des millions de fans de vampires ;
– des puritains qui partent en croisade contre les vampires qui vont dévorer l’âme innocente et chaste de leurs chers bambins.

Parce qu’un tel phénomène ne pouvait pas passer sous le museau de notre ami lapin sans qu’il ne désire en savoir plus, Federico a décidé… d’en savoir plus. Et puis, il ne faut pas se leurrer, notre rongeur préféré à beau être un brillant analyste, il ne peut pas s’empêcher de juger un peu vite et de sombrer dans la mare du vilain préjugé. Il était temps d’agir : bien déterminé à savoir d’où venait cet engouement et à tordre le coup aux idées reçues, il a lu le premier tome de la saga. Rendez-vous dans l’article consacré à la critique acerbe raisonnée de l’ouvrage en question.

Mais pour le moment, l’urgence n’est pas de savoir si le livre est bien ou pas. Non ce qui presse c’est la menace sortie prochaine du deuxième film. Voyez déjà les dégâts occasionnés réactions suscitées par le premier volet et plus particulièrement par l’interprète du fameux vampire végétarien. Un conseil, baissez le son.

Ça fait peur, hein? Au moment où Robeeeeeert se recoiffe, Federico a failli mourir de peur… ou de rire. Peu importe, cette vidéo a mis son petit cœur en péril. C’est cardiaque un lapin.

Voilà… C’est trop la honte.

Pour défendre notre ami Federico, nous dirons que les mégas préjugés qu’il avait (et a encore un peu) sur les ouvrages de Stephenie Meyer sont totalement et complètement causés par l’effet des films sur le public féminin. Et toc, nous avons sauvé l’honneur du rongeur.




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