Posts Tagged ‘jane austen



16
Sep
13

Jane Austen – Jour 2 : Emma

©PenguinBooks

Emma (1815)

C’est l’histoire d’Emma Woodhouse, une riche et jolie demoiselle qui ne manque absolument de rien et dont l’occupation préférée est d’imaginer des intrigues amoureuses entre ses connaissances et ses amis. Têtue comme une mule, elle va mettre du temps à réaliser qu’on ne joue pas impunément avec le cœur des autres…

En commençant Emma, Federico ne savait pas du tout à quoi s’attendre. De l’univers de Jane Austen, il ne connaissait rien et sa lecture chahutée ne l’a pas aidé à y entrer. Il lui aura donc fallu tout le premier tiers du roman pour s’immerger dans l’atmosphère d’une époque que l’auteur décrit à merveille. Ses personnages hauts en couleurs nous régalent de dialogues incisifs, émouvants et drôles. Jane Austen préfère se pencher sur la personnalité et les pensées de ses personnages plutôt que sur de longues descriptions, ce qui suffit à faire revivre son univers, deux siècles plus tard. Federico n’a pas vu en Emma la jeune fille capricieuse et inconséquente que beaucoup de lecteurs perçoivent. Aveuglé par son capital sympathie, notre ami lapin s’est pris d’affection pour elle et a suivi avec délectation ses projets de mariages pour ses proches et ses réflexions sur les relations qu’elle entretien avec eux. Ainsi, après avoir mis des plombes à entrer dans lhistoire, Federico a tellement été emporté par sa lecture, qu’il n’a même pas vu venir les différents retournement de situation qui font le sel de ce roman.

À demain !

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15
Sep
13

Marathon critique spécial Jane Austen – Jour 1

Si Jane Austen était née en 1940, elle serait aujourd’hui giga riche. En effet, en cumulant les ventes de ses livres et ce à quoi elle pourrait prétendre sur la montagne de téléfilms, de films et de livres qui sont issus de ses romans, ça ferait un sacré paquet de piécettes ! Voyez plutôt ces deux listes répertoriant (en VO) les films et téléfilms qui adaptent son œuvre ainsi que les livres qui s’en inspirent.

Fichtre, ça en fait !

Pour Federico, ce phénomène étourdissant (à vous en donner la nausée, à force) est comparable aux réussites de Walt Disney et de Georges Lucas, qui ont transformé le fruit de leur imagination en usine à dollars. Il suffit de mettre des oreilles de Mickey à Mr Darcy, et le tour est joué !

©penguinLe seul souci c’est que Jane Austen est née en 1775, a vécu modestement et est décédée en 1817. À cette époque la BBC n’existait pas et les éditions Milady non plus. Jane Austen a porté sur son époque un regard d’une acuité incroyable. Son humour et son honnêteté donnent à ses textes une modernité qui n’a pas pris une ride en deux siècles. Que penserait-elle de cette marée qui, depuis 20 ans, risque de noyer ses œuvres ? Il y a du très bon dans les adaptation (sainte BBC, priez pour nous ! Merci à Joe Wright également), des idées amusantes (Bridget Jones, Lost in Austen et le très connecté Lizzie Bennet Diaries, entre autres), et des hommages inspirés, mais aussi pas mal de trucs flippants. Pour éviter de se perdre dans cette bouillie, revenons aux fondamentaux : les six romans qui l’ont fait passer à la postérité.

En 2011, Federico vous avait fait partager sa lecture de Lady Susan, considéré – et c’est bien dommage – comme faisant partie de ses romans « mineurs ». Notre ami lapin a choisi de consacrer un marathon critique aux romans dits « majeurs » et de les évoquer dans l’ordre où il les a lus. Il prend le parti de recopier les pages de son carnet de lecture qui sont consacrées aux livres de Jane Austen. Chacune des critiques – volontairement courte – contient donc beaucoup d’émotions toutes fraîches et d’opinions spontanées, en lieu et place d’analyses influencées par des jugements extérieurs. Les puristes trouveront certainement cela un peu léger, mais espérons que cette semaine consacrée à la mythique auteur anglaise donnera envie aux néophytes de se plonger dans son œuvre passionnante.

À demain !

05
Jan
13

Nord et Sud

Un roman d’Elizabeth Gaskell

noté 4 sur 4

On entend souvent les gens soupirer d’aise en évoquant le doux souvenir de nuits passées à dévorer un livre qui ne voulait résolument pas se fermer. Cela laisse Federico très pensif : il lui est en effet impossible de poursuivre une lecture, aussi passionnante soit-elle, à partir du moment où son horloge biologique le somme d’aller au dodo. Cela arrive en général avant minuit et se traduit par des grincements inquiétants au niveau de la nuque, des picotements dans les yeux et des lettres qui se mélangent. Malgré son envie de connaître la suite, Federico est donc obligé d’obéir à son petit corps et d’abandonner son livre, qui trépigne jusqu’au lendemain.

Pour maintenir notre lapin en éveil la moitié d’une nuit il faudrait donc du très très lourd, du plus que passionnant, du gros choc littéraire qui donne la fièvre du vendredi soir. Ne cherchez plus, nous avons trouvé. Il lui faut Nord et Sud de Elizabeth Gaskell.

Hier soir, notre ami lapin a repris la lecture de ce roman débuté la veille et croyez le ou non, la nuit fut courte. Pourtant, entre deux larmichettes, Federico s’est souvent dit que le chapitre en cours était le dernier, parce que bon, quand même demain il faut se lever (oui, Federico travaille le samedi). Mais c’était sans compter sur son horloge biologique totalement détraquée par cette nouvelle passion littéraire qui l’a maintenu dans une forme olympienne et lui a ainsi permis de venir à bout de ce chef d’oeuvre de 670 pages.

Federico s’est donc couché dans un improbable état d’excitation à 2 h 00 du matin, ce qui n’est pas sage du tout quand on est un lapin aux gros besoins en sommeil, et vers 2 h 30, son estomac a commencé à s’indigner d’avoir été oublié.

D’un point de vue spirituel, on peut donc considérer que cette lecture a permi à Federico de quitter son corps et d’en oublier les contingences matérielles.

Nous reviendrons plus tard sur le parrallèle qu’on peut (mais qu’on ne doit pas) dresser entre Elizabeth Gaskell et le bouddhisme.© Points

Nord et Sud est un peu l’ancêtre victorien de Bienvenue chez les Cht’is dans le sens où il raconte le choc culturel entre le nord industriel et le sud verdoyant de l’Angleterre du milieu du XIXe siècle. Arrêtons là les comparaisons oiseuses (nous vous rapellons que Federico n’a que trois heures de sommeil à son actif, ce qui n’est pas du tout, mais alors pas du tout suffisant !) et passons à l’histoire. Margaret Hale, fille d’un pasteur anglican, a grandi à Helstone, un charmant village du sud où l’air est pur et les arbres touffus. Cette vie idylique à l’abri des soucis bascule le jour où son père, tourmenté par le doute, décide de quitter son ministère. Il choisit d’aller s’établir comme instituteur à Milton, une ville du nord qui s’est développée grâce aux filatures de coton. Pour Margaret le choc est violent : les gens de Milton et leurs manières un peu rudes la prennent totalement au dépourvu. Elle va néanmoins se lier avec plusieurs personnes. Son amitié se déclare bientôt pour une famille d’ouvriers, les Higgins. Le père, virulent syndicaliste, incarne la lutte entre la main d’oeuvre et les patrons. Par ailleurs, Margaret se voit contrainte de fréquenter le nouvel ami de son père : John Thornton, patron d’usine fier et tenace qui, malgré sa fortune, ne correspond en rien à l’idée que la jeune femme a d’un gentleman. Confrontée à ces deux milieux que rien ne semble pouvoir concilier, Margaret va voir s’éveiller sa conscience sociale. Sa franchise l’entraine alors dans des discussions animées avec Mr Thornton qui lui devient de plus en plus anthipatique. Ce sentiment n’est pas du tout partagé : John tombe bientôt éperduement amoureux de Margaret.

Ce roman pourrait, selon Federico, se résumer d’une autre manière : on peut le voir comme un mélange parfait de certains aspects de Jane Eyre, de Germinal et d’Orgueil et Préjugés.

Le côté Jane Eyre. Margaret est une héroïne de la même trempe que Jane : son naturel, son goût pour les choses simples et sa franchise on fait fondre notre ami lapin. Il s’est ainsi pris d’une grande affection pour cette jeune femme qui se tient toujours droite malgré les malheurs qui l’accablent et la tristesse qui la ronge. L’omniprésence de Dieu dans la vie de Margaret la rapproche également de Jane Eyre : toutes deux agissent dans le respect de leur conscience et de Son jugement.

Le côté Germinal. Elizabeth Gaskell est connue pour avoir choqué la société anglaise à la sortie de ses livres. Son implication sociale et son avant-gardisme étaient en effet très mal vus. Elle prouve avec Nord et Sud à quel point elle connaît bien la vie de ceux qui donnent leur énergie aux usines, qu’ils soient patrons ou empoyés, et son regard sur les conflits sociaux est d’une grands acuité. Si ce livre est présenté avant tout comme une histoire d’amour, il va bien plus loin dans l’étude de la société, ce qui le rend encore plus passionnant.

Le côté Orgueil et Préjugés. Évidemment, comment ne pas voir les similitudes entre la relation Thornton-Margaret et le mythique duo Darcy-Elizabeth ? Les circonstances et les caractères sont bien différents mais le lecteur tremble de la même manière face aux nœuds inextricables de leur histoire d’amour. Les malheurs qui semblent s’acharner sur Margaret on fait couler les larmes sur les joues soyeuses de Federico. Les luttes sociales ont fait frissonné ses moustaches. Mais plus que tout, ce sont les élans de romantisme qu’Elizabeth Gaskell a su faire germer çà et là, qui ont le plus ému notre lapin. Ces moments de grâce font passer l’ouvrage de formidable à magnifique. Concernant le style, Elizabeth Gaskell a fait le choix judicieux de la discrétion. Le narrateur, omniscient, plonge le lecteur au cœur des pensées des personnages, inspirant beaucoup de bienveillance à Federico. A contrario, Jane Austen (à laquelle Federico compte consacrer une série d’articles prochainement) s’impose en tant que conteuse complice et instaure ainsi une distance entre les personnages et le lecteur.

Pour l’anecdote, Federico est actuellement dans une période de boulimie « roman d’amour en jupon exigeant » qui l’a frappé suite à la lecture de plusieurs ouvrages de Jane Austen. Souhaitant trouver des auteurs similaires, notre ami lapin a ainsi découvert l’existence d’Elizabeth Gaskell. Ayant commandé Nord et Sud chez son libraire et n’en pouvant plus d’impatience, il se disait que peut-être il serait déçu. C’est tout le contraire qui a eu lieu : ce livre l’a frappé droit au cœur. Malgré le fait qu’il connaissait en partie le fil de l’intrigue (merci Internet), Federico n’a pu abandonner sa lecture que lorsqu’il y était absolument, affreusement obligé et il a été transporté par un tourbillon d’émotions tel qu’il n’en avait pas connu depuis Jane Eyre. Nord et Sud est donc devenu, en l’espace de deux jours, l’un des livres les plus aimés par notre ami lapin.

Pour fêter ça, Federico vient de vous livrer un long et maladroit article (la fatigue le rend affreusement bavard), souhaitant de toutes ses oreilles vous avoir donné envie de découvrir ce trésor littéraire.

Une prochaine fois, il vous parlera de l’adaptation BBC de Nord et Sud, avec le chatoyant Richard Armitage (qui quand il n’est pas nain, interprète des grands bruns ténébreux). Federico ne l’a pas encore vu et, il ne va pas vous le cacher, il a un peu peur…

Elizabeth Gaskell, Nord et Sud, première parution (hors feuilleton) en 1855. L’édition que Federico a dans sa bibliothèque est la suivante : Points, 2010, 673 p. Traduction de Françoise du Sorbier.

Si par hasard quelqu’un connaît la date de la première parution française de l’ouvrage, Federico serait très curieux de la connaître. Merci et bonne nuit.

22
Déc
12

La promenade des Russes

En ce moment, Federico à un peu de mal. À lire, à écrire, à regarder des films en entier, à se concentrer, etc. La faute à une procrastinéose en plaque doublée d’une crise aigüe de rêveralgite qui le conduit souvent à digresser à mort sur Internet.

Pour ne rien arranger, Federico a essuyé quelques déceptions littéraires. Après s’être pâmé sur Anima et Les Apparences, les dernières lectures n’ont pas été des plus emballantes. Le deuxième livre de Gilles Legardinier, Complètement cramé lui est tombé des pattes. Alors qu’il s’attendait à un bon moment de rigolade, Federico a été franchement déçu et a rapidement interrompu sa lecture. La chose la plus marrante du livre semble être le chat halluciné de la première de couverture, qui est digne des meilleurs lolcats. Le premier roman jeunesse de Henning Mankell (qui avait pourtant séduit Federico avec Les chaussures italiennes, ne cherchez pas l’article, il n’y en a pas) a complètement dérouté notre ami lapin. Centré sur un héros coincé entre l’enfance et l’adolescence, Les ombres grandissent au crépuscule est un joli roman mais sa couverture et son titre (plutôt moroses et inquiétants) sont en total décalage avec le contenu. Il n’en fallait pas plus pour que Federico soit perturbé.

Sans parler des quelques livres dont Federico n’a lu que quelques pages, parce que ça ne l’emballait pas et qu’il préférait lire un Jane Austen (dont il sera bientôt question sur ce blog) et rêvasser en crinoline, ou se prendre des claques dans le museau en lisant la suite de Divergente. Notons que ce deuxième tome à entièrement répondu aux attentes de Federico. Pour ne pas spoiler l’histoire du tome 1 (la bonne excuse), notre ami lapin a eu la flemme choisi de ne pas en faire un article. Sachez seulement qu’il envoie du pâté en terme d’action et de surprises, et que Tris fait face à des choix qui la rendent terriblement intéressante.

À ce stade, vous vous dites : « D’accord, Federico a décidé de faire un marathon critique anorexique, mais du coup, c’est quoi cette histoire de promenade des Russes ? »

Patience lecteur ! Cette longue introduction est là pour expliquer que malgré toutes les difficultés que Federico a vécues dans ses lectures dernièrement, il va sous vos yeux ébahis, chroniquer un ouvrage.

Et cet ouvrage, ben c’est La promenade des Russes. De Véronique Olmi. Et paf, 3 carottes !

noté 3 sur 4

Trouvé par hasard, ce roman est la jolie surprise de fin d’année pour Federico. On y rencontre Sonia, 13 ans qui, quelque part dans les années 1960-70 (aucune précision précise sur ce point dans le livre) va squatter chez sa grand-mère alors que sa mère a décidé de faire une énième escapade et que son père n’est pas très motivé pour s’occuper d’elle.©LGF

Voici donc Sonia coincée à Nice avec une grand-mère constamment inquiète. Macha a en effet quitté la Russie pendant la révolution et voit partout le spectre meurtrier des soviétiques. C’est un poids lourd à porter pour Sonia qui préférerait être une catholique bien française et jouer dans les rues plutôt que de se balader au ralenti avec la main de sa grand-mère qui lui broie l’épaule.

Pourtant, l’été de ses 14 ans va marquer un tournant décisif dans la relation entre Sonia et Macha. Cette dernière garde avec elle un terrible secret lié à l’assassinat de la famille Romanov et à la disparition d’Anastasia. Quand Sonia réalise que cette histoire est en train d’engloutir cette vieille femme qui se veut plus solide qu’elle ne l’est, la jeune fille décide de prendre les choses en main.

Ce roman aux allures d’autobiographie est aussi vif et malicieux que son héroïne. Federico a beaucoup apprécié cette balade toute simple, le temps d’un été, dans le Nice de Sonia et Macha. Véronique Olmi maîtrise l’art d’aller à l’essentiel et conte les pensées de Sonia avec beaucoup de spontanéité.

Véronique Olmi, La promenade des Russes, LGF, novembre 2012, 216 p.




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