Archive Page 2

23
Sep
14

Les adieux à la reine

Un roman de Chantal Thomas.

noté 2 sur 4

C’est rare chez Federico de chroniquer un livre moins de dix minutes après l’avoir fini. Comme ça, c’est fait !

Vous souvenez-vous de L’échange des princesses de Chantal Thomas et de Marie-Antoinette de Stefan Zweig ? Eh bien Federico a choisit de jumeler les deux et de lire un roman de Chantal Thomas parlant de Marie-Antoinette. Bim ! notre ami lapin a nommé : Les adieux à la reine.

En gros, c’est l’histoire d’Agathe-Sidonie, une groupie de M-A, qui ne vit que pour la croiser dans les couloirs et lui faire la lecture (quand il prend l’envie à Sa Majesté qu’on lui fasse la lecture, il y a les lectrices de la reine qui sont là pour ça, tout comme il y a la « porte-chaise d’affaires de la reine », pour quand elle a besoin de faire ses royaux besoins…) L’action se déroule du 14 au 16 juillet 1789, période un peu chahutée pour le royaume de France. Au terme de ces quelques jours d’incertitude, nombre de nobles prendront la fuite, et avec eux Agathe-Sidonie…

Alors que Federico avait kiffé L’échange des princesses, il a été un peu déçu par Les adieux à la reine. C’est peut-être une overdose marie-trotinettale ? Il n’en est pas si sûr, car les passages où apparait la reine sont ceux qu’il a préférés. En fait, c’est l’errance d’Agathe-Sidonie dans le château de Versailles, parmi la Cour en déroute, qui a ennuyé notre ami lapin. La narration lente et le caractère très effacé de l’héroïne l’ont empêché de véritablement trembler dans cette atmosphère pourtant pleine de doute et de panique ! Il faut dire que Federico ne craint pas pour sa tête, et Agathe-Sidonie non plus finalement, mais il n’est pas très fun d’y entrer dans la sienne, de tête, tant elle ne vit que pour M-A et Versailles. Attention, ne faites pas dire à notre ami lapin ce qu’il n’a pas dit ! L’héroïne est tout à fait crédible, tout comme la relation des prémices de la chute de la monarchie, mais Federico n’était pas super emballé et un peu endormi, voilà tout…

Chantal Thomas, Les adieux à la reine, 2002, Seuil (collection Points), 244 pages

(Ndl : Federico n’a pas vu le film de Benoît Jacquot adapté du roman, peut-être bientôt.)

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10
Sep
14

À l’orée de la nuit

Un roman de Charles Frazier

noté 3 sur 4

Si Federico avait lu ce livre sans en connaître l’éditeur, il l’aurait aveuglément classé chez Gallmeister, l’éditeur spécialisé dans les romans américains âpres et sauvages. En effet, À l’orée de la nuit flotte, difficilement classable, entre le nature writing, le thriller et le western.

©GrassetFinalement, c’est Grasset qui nous offre cette histoire au rythme lent, aux personnages crépusculaires et aux montagnes imposantes (les Appalaches, ça prend de la place dans un paysage, oui madame). Si le récit tourne autour de plusieurs personnages en leur confiant la narration à tour de rôle, c’est Luce qui, aux yeux de notre ami lapin est l’héroïne de ce roman. Cette jeune femme a choisi de quitter la compagnie des hommes pour vivre au rythme des saisons dans une maison dont elle est la gardienne. Le jour où sa sœur est assassinée par son compagnon, Bud, elle se retrouve chargée de ses neveux, des jumeaux mutiques et pyromanes. Ce petit changement de programme va évidemment bouleverser son quotidien bien réglé. Elle va devoir essayer d’entrer en contact avec ces enfants traumatisés tout en les empêchant de faire de très grosses bêtises (comme mettre le feu à la maison ou se noyer dans le lac). Les choses vont se compliquer encore plus quand Bud, innocenté du meurtre de sa femme, va se mettre en tête de récupérer son argent, persuadé que ce sont les jumeaux qui le planquent.

Ce roman n’est pas hyper captivant, les personnages ne sont pas hyper attachants et la confrontation entre tout ce monde ne crée pas un hyper-suspense (si, ça se dit). Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser en lisant la phrase précédente, À l’orée de la nuit a plutôt plu à Federico. Il a beaucoup aimé cette sensation étrange que l’histoire n’est pas là pour séduire un lecteur mais plutôt pour s’imposer à lui. On se laisse mener par le rythme lent et on subit le caractère difficile des héros. Même s’il ne se sentait pas passionné par l’histoire, notre ami lapin avait toujours du plaisir à reprendre sa lecture et à entrer à nouveau dans son ambiance sombre. En plus de cette étrange sensation, il restera marqué par l’empreinte de la philosophie de vie de Luce et sa réflexion autour du sens de l’existence.

Charles Frazier, À l’orée de la nuit, Grasset, septembre 2014, 384 p.

05
Sep
14

Marie-Antoinette

noté 4 sur 4

Vous qui vous précipitez sur le livre de Valérie, Federico vous conseille plutôt ce livre : là, vous en aurez du croustillant, des secrets intimes ou d’état, du scandaaale !

Marie-Antoinette en jogging.

Marie-Antoinette s’apprêtant à sortir chercher du pain.

Marie-Antoinette, c’est l’histoire d’une jeune héritière autrichienne, prénommée Marie-Antoinette, qui est mariée à un flanby au dauphin du Royaume de France. Le jeune homme n’est pas le meilleur compagnon avec qui pump’n up, alors elle se console avec ses potos et ses robes en rideau. Quelques années plus tard, il se décoince grâce à l’intervention de son beauf qui lui fait remarquer que sept ans d’abstinence, c’est pas très bon pour la com’, et qu’un héritier ça ne se recrute pas sur les bancs de l’ENA ou de Sciences Po, non, il faut le fabriquer soi-même. Pendant tout ce temps-là, Marie-Antoinette dansait, jouait au théâtre ou à la ferme, s’achetait des bijoux, des plumes, des robes (et des amis aussi), bref, carpe diem ! Et là, paf ! trois gamins qui lui tombent sur les bras, finito la belle vie, surtout qu’après, paf ! la Révolution ! Alors là c’est la loose totale, la taille du logement de Marie-Antoinette rétrograde d’années en années, de mois en mois ; tous ses amis ont pris la poudre d’escampette, sauf son plan cul avec qui elle échange des textos enflammés. Son mari, devenu obèse, ne sait pas quoi faire, donc il ne fait rien. C’est à en perdre la tête toute cette histoire !

Federico a littéralement dévoré cette biographie romanesque, instructive et trépidante, où l’on suit les pas de cette poupée frivole qui se transforme en héroïne tragique. C’était le premier ouvrage de Stefan Zweig qu’il lisait, et il a été plus que ravi de découvrir ce génie de l’écriture, fin psychologue et narrateur hors pair !

Maintenant, notre ami lapin doit lire toute l’œuvre de Zweig, ainsi que tout plein de livres qui parlent de l’histoire de France, il voudrait aussi revoir le film de Sofia Coppola (qui dit s’être inspirée du livre de Zweig, mais dans son souvenir, ce n’est pas vraiment la même personnalité que nous décrit la cinéaste…), et retourner à Versailles bien sûr… y a plus qu’à !

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Grasset, 1933, 460 pages

02
Sep
14

Le règne du vivant

Un roman d’Alice Ferney

noté 3 sur 4

Dans un premier temps, Federico a été assez déconcerté par ce roman au ton résolument journalistique. Et pour cause le narrateur en est un, de journaliste. Il s’engage aux côtés de militants écologistes qui luttent contre les pêches intensives et le massacre des baleines, requins et autres animaux marins.©Actes Sud À la tête de cette organisation, se trouve un homme déterminé et jusqu’au-boutiste : Magnus Wallace. Depuis des années il sillonne les mers du monde à la barre de l’Arrowhead, un brise-glace, et traque les pêcheurs qui contreviennent à des lois que personne ne semble pressé de faire appliquer. Dans ce monde cynique où la vie d’un cétacé et les merveilles des fonds marins ne pèsent rien face aux intérêts financiers, il est le seul à s’élever et à agir réellement. Ses moyens sont pour le moins expéditifs : il poursuit les pêcheurs et n’hésite pas à endommager les navires. Résultat des courses, sa tête est mise à prix dans bien des pays et les autres organisations écologistes lui tournent le dos. Il garde sans cesse à l’esprit que la planète où il vit est l’héritage de ses enfants et rien ni personne ne le détournera de sa dangereuse mission.

Si notre ami lapin était fort troublé au début de sa lecture, c’est que ce portrait d’un écologiste hors du commun ressemble à s’y méprendre à celui-ci :

©Long cours

Cette belle page est la première d’un article de Natacha Calestrémé consacré à l’écologiste Paul Watson, publié dans la revue Long Cours n°7. Si vous n’êtes pas encore en possession de cette merveilleuse publication, précipitez-vous chez votre libraire, commandez-les, abonnez-vous, faites quelque chose ! (Mais quoi que vous fassiez, merci de ne pas le faire sur Amazon).

Loin de ne pas apprécier ce parallèle, Federico craignait plutôt que ce style soit lassant à la longue. Fort heureusement, on s’habitue vite à cette narration qui est mêlée à des réflexions très introspectives sur l’engagement, de beaux moments de contemplation et des passages d’action très tendus.

Par-dessus tout, ce roman met en avant la tragédie écologique qui se joue depuis plusieurs décennies et la violence inouïe avec laquelle l’homme traite les animaux. De quoi en faire culpabiliser plus d’un !

Alice Ferney, Le règne du vivant, Actes Sud, août 2014, 208 p.

25
Août
14

Trente-six chandelles

Un roman de Marie-Sabine Roger

noté 1 sur 4

De Marie-Sabine Roger, Federico a aimé La théorie du Chien Perché, brillant recueil de deux nouvelles sur le handicap, touchant et drôle. Des précédents romans de Marie-Sabine Roger, Federico n’a entendu que du bien.

Du dernier roman de Marie-Sabine Roger, Federico va vous dire du mal.©Le Rouergue

Le pitch est pourtant sympa : le héros, Mortimer, est victime d’une malédiction familiale qui veut que tous les mâles meurent le jour de leur trente-sixième anniversaire. C’est comme ça chez les Décime depuis des générations et des générations. Prévoyant, Mortimer n’a rien laissé au hasard pour que sa mort se passe sans encombre : appartement rendu, démission donnée, il a même enfilé son costume. C’est bien simple : il est prêt à être enterré. Sauf qu’arrivé au soir de son trente-sixième anniversaire, il faut se rendre à l’évidence : il n’est pas mort. Oui, mais pourquoi ?

La quatrième de couverture (la fourbe !) nous indique que passé l’étonnement de sa non-mort, Mortimer se retrouve dans une situation unique pour lui : continuer à vivre sans savoir quand sera la fin. Sauf que dans le livre, Mortimer met un temps infini à continuer à vivre. Déjà il nous explique en long en large et en travers les tenants et les aboutissants de la malédiction familiale. C’est long. Et après il nous raconte sa vie d’avant ou plutôt comment il a choisi de ne pas vivre pour mieux accepter la mort. Et comment il a laissé partir l’amour de sa vie. C’est long aussi.

Dit Marie-Sabine, il commence quand ton livre ?

Eh ben, justement, il ne commence pas. On reste englué dans le pitch de départ pendant 90 % de la lecture. Alors au début c’est marrant, les personnages sont sympas et originaux, les bons mots fusent. Mais rapidement on tombe dans le cliché, les personnages ne s’épaississent pas, l’histoire tourne en rond, devient prévisible. Arrivé au 10 % de la fin, on passe en mode guimauve et morale à deux balles : « il faut vivre ses rêves, suivre l’amour jusqu’au bout du monde et courir dans des prairies » [insérer un poney arc-en-ciel ici]

Alors oui, Federico est dur, mais il ne fallait pas l’habituer à de la qualité, lui promettre du très bon et lui servir cette gentille histoire un peu creuse.

Marie-Sabine Roger, Trente-Six Chandelles, éditions du Rouergue, août 2014, 277 p.

19
Août
14

Parle-moi du sous-sol

Un roman de Clothilde Coquet

noté 3 sur 4

Attention : roman pessimiste ! L’auteur raconte avec une grande acuité – cela sent le vécu, sinon l’enquête approfondie – le parcours d’une jeune diplômée en histoire de l’art qui travaille comme caissière dans un grand magasin parisien, faute d’un emploi dans sa branche. Avec ce récit qui suit les pensées de l’héroïne, on découvre l’amertume de cette génération sur-diplômée qui est contrainte d’aller quémander les miettes sur un marché du travail en berne.©fayard

Si ce roman n’est pas très lumineux, il a le mérite d’être extrêmement lucide et de nous épargner une fin rose bonbon qui n’aurait pas été crédible. L’auteur décrit très bien les déboires de ces jeunes persuadés d’être destinés à rejoindre l’élite de la société et qui se retrouvent livrés au regard condescendant et navré de leurs employeurs, leurs clients et pire encore, de leurs proches. Federico a été très touché par les errements de la narratrice qui se retrouve coincée dans une impasse.

L’écriture est très rythmée, très vive, parfois même un peu trop : on se perd parfois dans les pensées de la narratrice mais cela traduit d’autant mieux son malaise et nous implique réellement dans son histoire. Celle-ci, même si elle est racontée à la première personne est assez universelle et se fait l’écho de toute une génération.

Ce premier roman est une réussite aux yeux de notre ami lapin.

Clothilde Coquet, Parle-moi du sous-sol, Fayard, août 2014, 216 p.

18
Août
14

Marathon critique BD, in 2014 we trust

La honte… Federico vous promettait de chouettes lectures le mois dernier, mais il est lâchement parti en vacances, vous laissant vous morfondre des semaines sans savoir quelles bandes dessinées lire sur la plage/montagne/couette/glacier/parapluie/pirogue/métro (choisissez le bon lieu de villégiature)… Pour se faire pardonner, voilà de la BD cru 2014, qui, elles, ne vous décevront pas. C’est parti mon kiki !

Adrastée

Commençons par un coup de cœur !

© Ankama, 2013Un roi immortel se réveille après mille ans passés immobile sur son trône ; son palais de l’ancien royaume d’Hyperborée est désert, envahi par la végétation. L’homme retrouve peu à peu ses souvenirs sur sa naissance, son règne et la femme qu’il a aimé mais dont il ne se rappelle ni le visage ni le nom. En colère sur sa condition d’immortel, il décide de se rendre au mont Olympe pour questionner les dieux. Au cours de son voyage, il rencontre géants, sphinges, nymphes, mais aussi des soldats querelleurs, des cités orgiaques et une reine toute puissante et maudite…

Pour Federico, Adrastée est une fable étonnante et singulière sur l’immortalité, mais demeure avant tout une ode au monde mythologique. À travers les pas de ce roi mélancolique, l’auteur nous offre une réflexion poétique sur ce qui fait le mythe, sa source et sa propagation, entre le fantastique et le réel.

© Ankama, 2014Cette bande dessinée magnifique est un véritable voyage sur la terre des dieux, mortels et autres créatures fantastiques ; la nature luxuriante et indomptée ainsi que les ruines abandonnées et autres palais somptueux, sont dessinés avec une minutie déconcertante. À chaque page, les couleurs explosent et se renouvèlent, conférant aux deux tomes complémentaires une unité maîtrisée. C’est ce dessin, ces couleurs et cette fable poétique qui ont emmené notre ami lapin dans ce voyage, au premier abord confus et incertain, mais qui ne perd jamais le nord… Chapeau bas !

Adrastée, tomes 1 & 2, Mathieu Bablet, 2013 & 2014, Ankama, 80 pages chacun

Moderne Olympia

Federico adore Catherine Meurisse lorsqu’elle nous parle de ses hommes de lettre ; et même s’il a été un peu étouffé par le frénétique enthousiasme de son dernier né, c’est encore sa copine. Car oui, Moderne Olympia, c’est quand même un beau boxon !

© Futuropolis, Musée d'Orsay, 2014Imaginez le musée d’Orsay comme un mix entre une grande foire très animée et un plateau de tournage… La grande star en est Vénus (celle de Cabanel), accompagnée de ses chérubins, elle est de tous les tableaux. Et il y a Olympia qui, fidèle à l’œuvre de Manet, se balade à poil ! Elle aimerait percer dans le showbiz, mais enchaîne gaffe sur gaffe, s’attirant les foudres de Vénus. Mais cela ne l’empêchera pas de rencontrer Romain sur le tournage de Romains de la décadence, et de rejouer West Side Story dans l’ancienne gare parisienne…

Ça part donc dans tous les sens, c’est bien rigolo, et notre ami lapin s’est amusé à reconnaître les tableaux de ce musée qu’il apprécie particulièrement… mais qu’est-ce que c’est épuisant par tant de désordre ! Federico a pu reprendre son souffle une fois la bande dessinée refermée, et s’est tourné vers quelque chose d’un peu plus reposant, comme Kanopé par exemple.

Moderne Olympia, Catherine Meurisse, 2014, Musée d’Orsay-Futuropolis, 72 pages

Kanopé

© Delcourt 2014Voilà une bande dessinée sympa, juste sympa. Dessin agréable, scénario qui tient debout, personnages attachants, morale gentille. Federico ne voit pas trop ce qui aurait pu être retiré ou ajouté pour faire de cette bande dessinée sympa une bande dessinée extraordinaire, intense ou mémorable. Mais ce n’est pas grave, car il a eu beaucoup de plaisir à la lire ; et si elle est un peu idéaliste, elle n’est pas non plus stupide.

Kanopé est donc une histoire de science-fiction post-apocalyptique assez classique : sur Terre, dans la forêt amazonienne, des anciens rebelles appelés « éco-martyrs » vivent séparés de la civilisation restante rongée par la surtechnologie, la pollution et une terrible maladie radioactive. L’héroïne, Kanopé, vit seule dans sa cabane, jusqu’à ce que débarque Jean, un hacker en fuite. Les premiers contacts sont rudes, mais bien vite Jean se rendra compte qu’il aura besoin de Kanopé pour survivre, et plus si affinités… Ouais, c’est love !

Notre ami lapin a aimé le ton sincère, sensible et prometteur de l’auteure. Rien de plus à ajouter.

Kanopé, Louise Joor, 2014, Delcourt, collection Mirages, 124 pages

Délices, ma vie en cuisine

C’est la mode des blogs BD, certes, et le rayon cuisine est lui aussi bien fourni. Mais en avez-vous lu beaucoup des bandes dessinées qui parlent d’alimentation, bouffe et autres joyeuses ripailles ? Pas des masses… et bien maintenant, il y a Délices, et quel délice ! (oui, c’est facile)

© DelcourtEt c’est une américaine qui nous parle de ses plaisirs des papilles, à travers ses souvenirs d’enfance, d’adolescence et de jeune femme. Pour Lucy Knisley, manger, c’est aussi cuisiner et surtout partager. Passer un bon moment, donc, dans la confection du repas et dans sa dégustation, se créant ainsi des souvenirs tout aussi savoureux. Il faut dire que sa mère fut cuisinière puis maraichère, et son père fin gastronome… Sa sensibilité à la nourriture et aux saveurs se fit tôt, dans les cuisines de restaurants new-yorkais, puis dans la campagne du New Jersey, aux grands repas de famille, au cours de voyages au Mexique, au Japon et en Europe, dans une coloc’ étudiante à Chicago, etc.

Federico a littéralement savouré ce récit autobiographique : d’une part parce que le ton de l’auteure est touchant de franchise et de naturel, et d’autre part parce que la bande dessinée fait la part belle au plaisir décomplexé de bien manger, que ce soit varié, équilibré, gras, innovant, banal, simple, compliqué, tout seul, à plusieurs, bref, tant qu’on suit ses envies !

Tout ça donne la patate… et faim ! Ça tombe bien, Lucy nous donne quelques recettes !

Délices, ma vie en cuisine, Lucy Knisley, traduction de Margot Negroni, 2014, Delcourt, 176 pages

Beta… civilisations

Beta civilisationsL’entreprise de Jens Harder est ambitieuse : raconter l’histoire de l’humanité en bande dessinée ! Dans Alpha… directions, paru en 2009, il exposait 40 milliards d’années de vie, du Big Bang à la création de la Terre, jusqu’à l’apparition des premiers hommes (Federico ne l’a pas lu, mais il n’a plus qu’à trouver ce premier opus afin d’en faire son quatre heure !). Cinq ans plus tard, avec Beta… civilisations (première partie), il démarre 80 millions d’années avant notre ère, juste après l’extinction des dinosaures, pour nous raconter l’histoire de l’être humain… rien que ça !

L’auteur s’attèle donc à l’évolution des mammifères, des premiers singes puis des hominidés, inextricablement liée à celle des animaux, de la flore et des différents changements climatiques (mouvements des eaux et de la végétation, réchauffements, glaciations). Il retrace les nombreux flux migratoires et le peuplement progressif de la planète, avant d’embrayer sur 30 000 ans d’histoire des civilisations humaines, jusqu’à notre ère, marquée par l’an 0. Ouf !

Beta… civilisations est une encyclopédie imagière pléthorique et passionnante reflétant la vision personnelle de l’auteur. Elle est construite de rapprochements visuels inattendus qui forment un kaléidoscope d’images, comme des échos à travers l’histoire : tableaux, photos, événements, célébrités, films, bandes dessinées, d’hier et d’aujourd’hui, sont mis en parallèle avec l’évolution humaine. Federico a véritablement été bluffé par ce travail titanesque, et cette longue et grandiose aventure lui rappelle qu’il n’est qu’un pauvre petit lapin à l’existence éphémère…

Beta… civilisations (volume 1), Jens Harder, traduction de Stéphanie Lux, 2014, Actes Sud, collection l’An 2, 368 pages




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