Archive for the 'Lapinarticles non classés' Category



10
Mai
10

Attention on vous surveille…

… mais on surveille aussi ceux qui vous surveille !

Comment ? Serions nous alors doublement surveillés ?

Meuh non, voyez plutôt la découverte que Federico a faite aujourd’hui. Dans notre société de télé réalité, de profils Facebook et des fichiers Edwige, une ONG épingle tout ceux qui s’attaquent de près ou de loin à notre vie privée, voire à notre liberté.

Cette ONG, c’est Privacy International qui, en plus d’avoir un logo qui fait peur, a fait des petits dans le monde entier. Même en France, cocoricoo ! Mais le mieux, c’est que depuis 1998, la maison mère organise chaque année une sorte de festival de Cannes de la violation de vie privée : les Big Brothers Award. Selon différentes catégories, des « surveillants » sont sélectionnés et reçoivent un super trophée et un beau diplôme à mettre dans le hall d’entrée ou dans les wc. En France, les BBA sont organisés depuis 2000.

Parce que la paraphrase ne fait pas partie des envies du jour de Federico, lisez donc cet extrait du « manifeste » de l’organisation, à lire en entier sur le site http://bigbrotherawards.eu.org/ (page « à propos ») :

« Objectif : surveiller les surveillants, et montrer du doigt (« name and shame ») les personnes ou institutions qui représentent le mieux la société décrite par George Orwell dans son ouvrage de référence, 1984. (…)
Si nous ne voulons pas, comme Winston Smith le héros du roman d’Orwell, être arrêtés pour « crime-pensée », il est nécessaire, chaque jour, de surveiller les surveillants et de défendre ce qui nous reste de vie privée et de libertés. Il est urgent de ne plus se sentir coupable de vouloir préserver son intimité, ceux qui doivent avoir quelque chose à se reprocher sont précisément ceux qui violent cette intimité au grand jour. »

Pendant que vous y serez, vous n’aurez qu’à consulter la liste des nominés dans chaque catégorie pour les BBA France de 2010… Vous allez rire jaune.

Et comme Federico ne peut pas s’empêcher de vous mettre le nez dans les livres, voici un ouvrage publié au éditions La Découverte : Big Brother Awards, les surveillants surveillés. Co-écrit par plusieurs membres du collectif Big Brother Awards, il est paru en octobre 2010 dans la collection Zones.

Federico ne l’ayant pas lu, laissons l’éditeur nous en parler, et plus si affinités :

« « Mais qui surveillera les surveillants ? » La célèbre phrase du poète latin Juvénal n’a sans doute jamais été autant d’actualité que dans nos sociétés, où le perfectionnement rapide des technologies de surveillance s’accompagne de menaces inédites sur nos libertés. L’équipe des « Big Brothers Awards » décerne chaque année des « prix Orwell » aux Ministres, élus locaux, hauts fonctionnaires, institutions, grands patrons ou petits chefs s’étant distinguées par leur action en faveur de la restriction des libertés publiques, du fichage de la population, de la généralisation de la biométrie ou de la surveillance des salariés.
Les promoteurs de la société de surveillance sortent ainsi de l’ombre et peuvent jouir de l’attention légitime du public et  des médias. Les heureux gagnants auront cette année l’honneur de bénéficier d’une publicité supplémentaire, avec ce  premier rapport annuel, qui présente de façon documentée leurs solutions innovantes pour placer la population sous contrôle.
Outre la présentation complète de chaque lauréat de l’année 2008, le livre fait le bilan de près de dix ans de politiques liberticides en France comme à l’étranger, dressant ainsi une très inquiétante chronique des avancées de la surveillance globale. »

Federico vous remercie d’avoir lu cet article riche en… copiés collés et vous promet que la prochaine fois il invitera son imagination.

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02
Nov
09

Besoin de féérie

En cette triste journée pluvieuse de début novembre, Federico avait le moral dans le pompon. Il avait envie de truc qui clignotent, de couleurs chaleureuses, de chorales et, surtout, que cette maudite flotte qui dégringolait du ciel se transforme en neige. [Oui, Federico étant un lapin, il se moque comme d’une guigne du verglas sur les routes et des avalanches, pour lui le blanc manteau sur la prairie ça veut dire : on fait dodo toute la journée et on mange les réserves !] En fait, Federico nous faisait une petite crise de fin d’année, une petite crise d’impatience vis-à-vis des fêtes qui s’annoncent (en tout cas, elles sont déjà dans les grandes boutiques à tout), une fulgurante envie d’y être maintenant tout de suite et que ça saute.

Parce que la fin d’année chez les lapins, c’est comme chez les humains d’occident qui bénéficient d’un PIB intéressant : ça scintille dans les terriers, on se raconte des histoires super chouettes, on mange trop bien, on chante des chansons qui donnent des frissons et on reçoit des cadeaux. Enfin, c’est valable si on compare avec la société humaine des années 1920. Parce que maintenant, pour la conserver la féérie des fêtes de fin d’année, en particulier de Noël, il faut s’accrocher. Noël est devenu une telle course à la vente et est tellement exploité par le marketing, qu’on se demande si ce ne sont pas les publicistes qui l’ont inventé pour nous vendre des guirlandes et du chocolat. Peut-être même qu’ils ont inventé le petit Jésus pour vendre des crèches et des croisades ! Une légende veut d’ailleurs que Coca Cola soit l’inventeur du Père Noël que nous connaissons, on n’est pas loin de la vérité, mais cela reste un mythe.

En tout cas chez les lapin, foin de tout cela, les traditions perdurent et chaque année en décembre tous les terriers de la planète fêtent la naissance du héros de pratiquement tous leurs contes : El-ahrairah (prononcez… comme vous pouvez). Un lapin terriblement intelligent et futé qui se dévoue totalement à la protection des siens. Ces célébrations sont l’occasion de grandes fêtes où on chante à peu près comme çà en attendant la venue de Rabscuttle, le fidèle ami de El-ahrairah, qui va distribuer leurs cadeaux à tous les lapins.

Par conséquent, en ce jour pluvieux où Federico déprimait sec (enfin, vu le temps…), il a décidé de commencer à lister les cadeaux qu’il aimerait bien recevoir, histoire de ce mettre quelques paillettes dans les yeux.

– La nouvelle édition de Comprendre l’humain à travers ses représentations de la carottes, par Jo-Partrick Ickick.
– Le coffret « Tisanes de nos grandes cousines » avec son repose cuillère en terre cuite.
– Le tripe album live des Pink Rabbits.-
– Un bonnet pour pompon frileux.
– Des jolis crayon pour faire des jolis rapport sur les vilains humains.
– Un binôme, parce que c’est drôlement chouette.

To be continued.

Sinon, si vous voulez plus d’informations sur les mythologies lapines et leur retranscription en langue humaine, c’est par ici. (Par contre, c’est dans la langue des humains qui roulent à gauche et de ceux qui sont les chefs du monde).

23
Oct
09

Analysons les salutations

Une petite analyse d’un album jeunesse

Perrine Dorin, Salut !, Éditions du Rouergue, 2008, 14 p., 11 €

(Vous êtes curieux, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de l’auteur et celui de la maison d’édition)

Salut!

Synopsis

Sur un fil électrique, se posent, un par un, des moineaux. « Salut ! » se disent-ils chacun leur tour. La vie sur le fil est alors paisible et conviviale, mais le rituel de salutation des volatiles ne peut se poursuivre aussi innocemment. En effet, la clique des mâles est perturbée lorsqu’arrive le dernier moineau, qui n’est autre qu’une femelle.

L’audace des mâles, forts de leur assurance et convaincus de leur charme, sera mise à mal par la coquette (ci-après nommée « Moinette »).

Un boulier pour apprendre à compter jusqu’à dix, en passant par zéro !

Figure 2 - Deux moineaux se saluent

Figure 1 - Deux moineaux se saluent

Analyse des images

Les illustrations sont faites de collages et de crayon.

Il y a très peu de couleurs dans « Salut ! ». L’arrière-plan est bleu-ciel et représente donc le ciel. Au début, les moineaux sont tous violets. Lorsqu’un rose apparaît, le choix des couleurs révèle alors une connotation iconique inévitable qui nous permet de déduire les genres de chacun : les violets sont les mâles, le rose la femelle. Notons également les becs jaunes, les yeux blancs et les pupilles, les pattes et le fil noirs. Ces couleurs pastelles appellent l’ambiance calme d’une douce matinée de printemps sous un ciel sans nuage. Sur un plan éducatif, le choix de ces quelques teintes peut s’expliquer par la volonté de ne pas éparpiller l’enfant dans un surplus de couleurs criardes, car ce dernier doit se concentrer dans son apprentissage des chiffres de 1 à 10.

Les moineaux ont des formes d’œufs (allusion au stade précédent leur naissance) qui, selon le découpage du papier, donne à tel ou tel protagoniste une physionomie particulière. Par exemple, le troisième moineau est légèrement enveloppé alors que le quatrième aurait plutôt des allures de grand dadais. Les volatiles ont de grands yeux globuleux et un bec jaune. Ils ont également, dessinés au crayon de couleur, une crête, des ailes, une queue ainsi que de très petites pattes. La moinette est différente des moineaux : elle est rose et a sa crête coiffée d’un nœud rouge aux fleurs blanches. Ses yeux sont clos lors de sa première apparition, lorsque les mâles lui font la cour. Cette moinette a, ma foi, des allures de femme fatale : les yeux se détournent sur elle sur son passage, elle est belle, coquette, précieuse, intouchable, et, surtout, elle est la seule présence féminine dans tout le livre (et par extension dans tout le ciel environnant).

Figure 2 - Arrivée de la moinette

Figure 2 - Arrivée de la moinette

Analyse du texte

On remarque deux types de texte dans le livre. D’une part une écriture tapuscrite est utilisée pour retranscrire les chiffres : en toutes lettres sur la page de gauche et en chiffres arabes sur celle de droite. D’autre part une écriture manuscrite, ajoutée à des queues de bulle à la manière de la bande dessinée, a été choisie pour les paroles des moineaux.

L’histoire de « Salut ! » se déroule selon une narration assez prévisible, provoquée par le décompte du boulier et l’arrivée d’un nouveau moineau à chaque nouvelle page, jusqu’à ce qu’arrive l’élément perturbateur, incarné ici par l’arrivée de la moinette. C’est à ce moment que l’intrigue prend corps ; on peut d’ailleurs dire qu’elle se joue réellement dans les quatre dernières pages de l’album. Le changement de discours des moineaux rompe la monotonie du décompte : la stagnation au chiffre dix permet d’entrer pour de bon dans une intrigue. Le livre se termine par une chute, dans les deux sens du terme, qui conclut à la fois l’histoire mais également le décompte du boulier en le ramenant à zéro.

Ajouté au graphisme plaisant des piafs, les clichés des discours masculins de séduction (il s’agirait ici davantage de drague) et leur application à l’univers des oiseaux est assez comique. De plus, les caricatures de la belle jeune femme d’un côté et des gentlemen séducteurs et autre Casanova de l’autre, offrent une dimension humoristique qui s’adresse principalement à l’adulte plutôt qu’à l’enfant. En effet, ce dernier rit certainement davantage lorsque la moinette se débarrasse des importuns que du discours de ces derniers.

Le lien texte-image

La ligne à haute tension, placée environ aux deux cinquièmes de la page, fait office de fil rouge pendant la lecture du livre. Elle sépare la page en deux parties. La plus grande, située en haut, laisse de la place pour l’arrivée des oiseaux et contient leurs dialogues (image et texte manuscrit). La plus petite, en bas, comporte uniquement le boulier (texte tapuscrit).

Le lien entre le texte tapuscrit et l’image réside dans la concordance du nombre de moineaux dessinés et du nombre de « Salut ! » avec la progression du décompte du boulier. L’activité pédagogique et ludique avec l’enfant consisterait à compter les moineaux et/ou les « Salut ! », et vérifier si le nombre trouvé concorde avec celui qui est inscrit en bas de page.

Figure 3 - Six : six moineaux et six saluts

Figure 3 - Six : six moineaux et six saluts

Ce livre est donc un album éducatif, de par sa qualité de boulier, ainsi qu’un album pour le plaisir, de par l’historiette qui y est racontée et l’humour qu’elle contient. Cette dernière caractéristique implique que « Salut ! » ne se limite pas un public enfantin mais s’adresse également à un public plus âgé.

12
Sep
09

Federico apprend la consommation

C’est décidé, Federico quitte le terrier familial. Après des années d’une vie confortable et rassurante auprès des siens, notre ami lapin a décidé de s’installer dans un sympathique petit trou.

Parmi toutes les émotions apportées par un tel chamboulement existentiel, c’est l’idée d’aller faire ses courses qui émotionnait le plus Federico. Il s’imaginait déjà choisissant des produits qui, une fois additionnés, constitueraient son identité ménagère. Depuis quelques mois, il tenait la liste des produits super sympa qu’il allait s’offrir. Mais attention, Federico est un lapin raisonnable et conscient que son maigre salaire de rongeur-chercheur en sociologie ne lui permettrait pas de faire beaucoup de folie. C’est donc avec un énorme sentiment de supériorité vis-à-vis de ces crétins d’humains endettés qu’il prit la route du magasin plein de trucs le plus proche.

Avant d’aller plus loin et de parler de l’immense déception ressentie par notre ami lapin en quittant la grande surface pleine de choses, signalons qu’il aurait aussi bien pu ne jamais en sortir sain et sauf. En effet, les grands magasins avec pleins de trucs dedans sont pleins de gens pressés d’acheter les trucs. Pour aller plus rapidement, ils poussent une petite charriote en fer qui leur permet d’entasser tout ce qu’ils désirent. Néanmoins, si les humains ont l’étrange et fascinante capacité de piloter des engins motorisés plus gros, plus lourd et plus rapides qu’eux, ils sont incapables de conduire ces petites charriotes. Les collisions sont fréquentes et un lapin n’est absolument pas en sécurité dans les allées d’une boutique géante.

Heureusement, Federico est un lapin courageux et futé : il a rapidement appris à éviter les dangereuses charriotes afin de se consacrer pleinement à ses passionnants achats. Bien décidé à avoir un total contrôle de sa consommation et de son image auprès de ses futurs invités, Federico n’a pas tardé à constater que c’était les rayons qui choisissaient pour lui. Si il avait besoin d’une casserole, le rayon lui rappelait qu’il était nécessaire qu’il possède un couvercle, un dessous de plat, une cuillère en bois (les lapins aussi ne doivent pas racler le téflon). Résultat des courses (jeu de mot), il s’est retrouvé avec un budget explosé et des désirs insatisfaits. Et oui, quand on est un petit lapin pas riche, on prend des produits pourris à la carotte et au sans plomb 95 ; foin des super produits écolos senteur luzerne-pissenlit. Mais comme il avait pris plein de trucs, sa carte pas-gold a bien chauffé quand même.

En poussant sa charriote vers la sortie, Federico tira une leçon fort sage de sa première expérience de consommation : les grandes surfaces c’est des méchantes qui veulent que te piquer ton argent. Il n’avait pas vraiment l’impression que son identité ménagère aie évolué, voire même existé. En rentrant dans son petit trou, notre ami lapin s’est enfilé un méga goûté fait de tartines de pâte à tartinée au foin afin de se consoler et redonner une identité à son estomac.




pause carotte
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