Archive for the 'Marathon critique !' Category



19
Sep
13

Jane Austen – Jour 5 : Northanger Abbey

©PenguinBooks

Northanger Abbey (1818)

C’est l’histoire de Catherine Morland, jeune fille naïve et romanesque qui accompagne des amis de sa famille à Bath, ville de fêtes et de rencontres en tous genres. Elle va se faire des amis à fidélité variable, et tomber sous le charme de M. Tilney (Federico non plus n’a pas pu résister !). La famille de ce dernier l’invite dans sa demeure : l’Abbaye de Northanger. Dans cette inquiétante bâtisse, Catherine va trouver le cadre idéal pour revivre les émotions qu’elle vit en lisant les romans gothiques qu’elle affectionne tant.

Avec ce livre, Federico a passé un cap. De lecteur enthousiaste, il est devenu un véritable fan de Jane Austen, un Janeite ! Dans ce roman qui a beaucoup fait rire et sourire notre ami lapin, Jane Austen semble plus que jamais s’amuser à se moquer de ses contemporains. Les intrigues amoureuses passent au second plan. Il s’agit plus d’un récit initiatique dans lequel Catherine Morland, la jeune héroïne, va découvrir la vie en société à Bath et pousser son imagination dans ses plus absurdes retranchements à Northanger Abbey. On palpite au gré de ses joies et contrariétés, on sourit devant sa naïveté. Sa fraîcheur d’esprit et sa droiture la rendent irrésistible aux yeux de Federico. Quand à l’écriture, elle est tellement moderne et l’auteur y instaure une telle complicité avec le lecteur, que Federico s’imaginait qu’elle allait apparaître dans son salon, s’asseoir à côté de lui et lui demander son avis sur le livre. Vous l’aurez compris sans mal, Northanger Abbey est sans conteste le chouchou de notre ami aux longues oreilles.

À demain !

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18
Sep
13

Jane Austen – Jour 4 : Persuasion

©PenguinBooks

Persuasion (1818)

C’est l’histoire d’Anne Eliott, qui vit avec son père et sa sœur. Ils sont aussi prétentieux et égoïstes qu’elle est réservée et dévouée. Quelques années auparavant, Anne a été follement éprise d’un soldat, Frederick Wentworth. Cet amour partagé a été rompu par sa famille qui le considérait comme une mésalliance. Quand Wentworth revient de la guerre, riche et auréolé de gloire, Anne réalise l’erreur qu’elle a commise en se laissant influencer par son entourage.

Lire un livre deux jours après en avoir vu une adaptation télé n’est pas une bonne idée. Ce n’est pas Federico qui va le nier, tant sa frustration  a été forte de ne pas apprécier Persuasion à sa juste valeur. Néanmoins, notre ami lapin a encore une fois été frappé par la modernité et la fraîcheur du ton de Jane Austen. Les personnages sont très biens dessinés et l’histoire est absolument romantique.  La critique du culte des apparences est caustique et il a été difficile pour votre chroniqueur d’abandonner sa lecture pour toute autre activité. Le seul regret de Federico est que Persuasion ne soit pas plus long : il aurait aimé s’attarder un peu auprès des héros. Pour compenser, il s’est payé le luxe de le relire, quelques mois plus tard, pour mieux en profiter !

À demain !

17
Sep
13

Jane Austen – Jour 3 : Orgueil et Préjugés

©Penguin

Orgueil et Préjugés (1813)

C’est l’histoire d’Elizabeth Bennett qui… Non mais attendez une minute, vous n’allez pas me dire que vous ne savez pas de quoi parle ce livre ?!

Quand on vit dans un monde équipé de bibliothèques et de télévisions, il est difficile, même pour un lapin, de ne pas connaître l’intrigue d’Orgueil et Préjugés. La question qui domine cette lecture est la suivante : comment peut-on à ce point connaître une histoire et pourtant plonger dedans sans pouvoir en sortir ? Federico a dévoré Orgueil et Préjugés en deux jours, tremblant comme un débile dans les nœuds d’une intrigue qui n’était pas sensée le surprendre. Le style de Jane Austen allie légèreté de ton et richesse des détails, ce qui donne au lecteur l’envie d’en savoir toujours plus, y compris ce qu’il sait déjà. À l’instar d’EmmaOrgueil et Préjugés est un passeport vers une époque que Jane Austen dissèque avec lucidité et humour. L’auteur ne se laisse jamais aller à des effusions de romantisme, elle choisit la sobriété et la simplicité. C’est en faisant parler les cœurs de ses héros avec grâce et intelligence qu’elle a fait rêver notre ami lapin… sans oublier de rappeler qu’un mariage d’amour c’est bien, mais qu’un mariage d’amour avec un homme riche, c’est mieux.

À demain !

16
Sep
13

Jane Austen – Jour 2 : Emma

©PenguinBooks

Emma (1815)

C’est l’histoire d’Emma Woodhouse, une riche et jolie demoiselle qui ne manque absolument de rien et dont l’occupation préférée est d’imaginer des intrigues amoureuses entre ses connaissances et ses amis. Têtue comme une mule, elle va mettre du temps à réaliser qu’on ne joue pas impunément avec le cœur des autres…

En commençant Emma, Federico ne savait pas du tout à quoi s’attendre. De l’univers de Jane Austen, il ne connaissait rien et sa lecture chahutée ne l’a pas aidé à y entrer. Il lui aura donc fallu tout le premier tiers du roman pour s’immerger dans l’atmosphère d’une époque que l’auteur décrit à merveille. Ses personnages hauts en couleurs nous régalent de dialogues incisifs, émouvants et drôles. Jane Austen préfère se pencher sur la personnalité et les pensées de ses personnages plutôt que sur de longues descriptions, ce qui suffit à faire revivre son univers, deux siècles plus tard. Federico n’a pas vu en Emma la jeune fille capricieuse et inconséquente que beaucoup de lecteurs perçoivent. Aveuglé par son capital sympathie, notre ami lapin s’est pris d’affection pour elle et a suivi avec délectation ses projets de mariages pour ses proches et ses réflexions sur les relations qu’elle entretien avec eux. Ainsi, après avoir mis des plombes à entrer dans lhistoire, Federico a tellement été emporté par sa lecture, qu’il n’a même pas vu venir les différents retournement de situation qui font le sel de ce roman.

À demain !

15
Sep
13

Marathon critique spécial Jane Austen – Jour 1

Si Jane Austen était née en 1940, elle serait aujourd’hui giga riche. En effet, en cumulant les ventes de ses livres et ce à quoi elle pourrait prétendre sur la montagne de téléfilms, de films et de livres qui sont issus de ses romans, ça ferait un sacré paquet de piécettes ! Voyez plutôt ces deux listes répertoriant (en VO) les films et téléfilms qui adaptent son œuvre ainsi que les livres qui s’en inspirent.

Fichtre, ça en fait !

Pour Federico, ce phénomène étourdissant (à vous en donner la nausée, à force) est comparable aux réussites de Walt Disney et de Georges Lucas, qui ont transformé le fruit de leur imagination en usine à dollars. Il suffit de mettre des oreilles de Mickey à Mr Darcy, et le tour est joué !

©penguinLe seul souci c’est que Jane Austen est née en 1775, a vécu modestement et est décédée en 1817. À cette époque la BBC n’existait pas et les éditions Milady non plus. Jane Austen a porté sur son époque un regard d’une acuité incroyable. Son humour et son honnêteté donnent à ses textes une modernité qui n’a pas pris une ride en deux siècles. Que penserait-elle de cette marée qui, depuis 20 ans, risque de noyer ses œuvres ? Il y a du très bon dans les adaptation (sainte BBC, priez pour nous ! Merci à Joe Wright également), des idées amusantes (Bridget Jones, Lost in Austen et le très connecté Lizzie Bennet Diaries, entre autres), et des hommages inspirés, mais aussi pas mal de trucs flippants. Pour éviter de se perdre dans cette bouillie, revenons aux fondamentaux : les six romans qui l’ont fait passer à la postérité.

En 2011, Federico vous avait fait partager sa lecture de Lady Susan, considéré – et c’est bien dommage – comme faisant partie de ses romans « mineurs ». Notre ami lapin a choisi de consacrer un marathon critique aux romans dits « majeurs » et de les évoquer dans l’ordre où il les a lus. Il prend le parti de recopier les pages de son carnet de lecture qui sont consacrées aux livres de Jane Austen. Chacune des critiques – volontairement courte – contient donc beaucoup d’émotions toutes fraîches et d’opinions spontanées, en lieu et place d’analyses influencées par des jugements extérieurs. Les puristes trouveront certainement cela un peu léger, mais espérons que cette semaine consacrée à la mythique auteur anglaise donnera envie aux néophytes de se plonger dans son œuvre passionnante.

À demain !

13
Sep
13

À la guerre comme à la guerre

La guerre c’est pas bien mais on peut en faire d’excellent romans. La preuve par l’exemple.

Le corps humain

noté 3 sur 4

Un roman de Paolo Giordano (traduit de l’italien par Nathalie Bauer)

En voilà un titre bien choisi ! Ici, le corps, c’est la chair, bien sûr, mais c’est aussi le groupe, ces soldats qui ne forment qu’un, alors qu’ils sont si différents. Sans se lancer dans une étude étymologique, Federico peut au moins vous affirmer que Paolo Giordano a subtilement tissé le fil de son roman autour des multiples sens de ce mot.©Seuil

Il nous raconte le parcours d’une poignée de soldats italiens envoyés en Afghanistan pour y contempler le désert et rompre la monotonie en explosant sous des bombes artisanales. Faut bien s’occuper.

Trêve de cynisme, puisque le roman n’en contient aucun. Au contraire, il ne prend pas de distance avec les événements, et cette plongée dans l’intimité de ces hommes et de ces femmes a parfois mis notre ami lapin mal à l’aise. Confrontés à l’ennui dans cette guerre qui les prive des héroïques combats qu’ils attendent, les soldats révèlent des failles dont on aimerait ne pas être témoin. Chacun se dit prêt pour la mort, mais quand elle arrive, horrible et sale, les corps et les esprits craquent. Puis, quand vient le moment de rentrer à la maison, les soldats se retrouvent perdus parmi leurs proches qui ne les comprennent pas. Par son écriture très proche de l’humain, l’auteur fait ressentir ce mal être et la force des liens qui unissent ces anti-héros. Il signe un roman très poignant, qui a marqué notre ami lapin autant par ses qualités que par le malaise qu’il a fait naître chez lui.

Paolo Giordano, Le corps humain, Le Seuil, août 2013, 415 p.

Au revoir là-haut

noté 4 sur 4

Un roman de Pierre Lemaître

Attention, chef d’œuvre !

Sur fond d’après Première Guerre mondiale, Pierre Lemaître nous offre un roman magistralement amoral, à des lieues du politiquement correct qu’évoque la célébration des héros de la drôle de guerre. Le livre s’ouvre sur une des dernières batailles avant l’armistice et les scènes d’horreur qui en découlent ont tout simplement retourné Federico sur son fauteuil (au sens figuré, évidemment, les lapins ne lisent pas à l’envers). Ce dernier combat va sceller le destin des trois personnages centraux : Henri, Albert et Édouard. Le premier est une parfaite ordure, un saligot de premier ordre que Federico a adoré détester. ©albin-michelCe noble désargenté compte sur ces derniers instants de guerre pour asseoir son prestige, et tant pis si cela se fait au prix de vies humaines. Le pire c’est qu’il va y arriver et revenir de la guerre auréolé de gloire. Pour lui, ce n’est que le début de l’ascension vers la fortune. Encore une fois, tous les moyens sont bons pour y parvenir, y compris se faire de l’argent sur l’enterrement des milliers de soldats morts au combat. Vilain.

Pour Albert et Edouard, la chanson n’est pas la même. Albert est passé à deux doigts d’une mort affreuse et a été sauvé in extremis par Édouard. Face à cet acte de générosité, les cieux se sont ouverts pour récompenser le héros… avec un bel éclat d’obus. Édouard se retrouve donc avec la moitié du visage en moins, ce qui, en plus d’être très moche, fait un peu mal. Albert devient malgré lui son garde malade et c’est ensemble qu’il vont revenir à la vie civile. Ils vont faire l’amère découverte qu’en 1919, il vaut mieux être mort courageusement au combat que vivant et traumatisé. La France veut oublier la guerre, ne retenir que la victoire, et la piétaille qui revient épuisée et crottée ne colle pas dans le décor des célébrations. Qu’à cela ne tienne, les deux compagnons d’infortune vont prendre leur revanche sur cette grande mascarade en organisant une audacieuse arnaque.

En plus de ce trio aux petits oignons, l’auteur nous régale de personnages secondaires absolument délectables. Il orchestre son truculent récit avec un grand talent, mêlant le suspens, l’ironie et l’absurde. Federico a exulté en lisant cette farce cruelle où tout sonne juste.

Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, août 2013, 566 p.

27
Fév
13

Marathon critique, encore

Pas à la hauteur, pas passionnant, pas assez long, pas courageux… Voici les diverses raisons pour lesquelles Federico n’a pas écrit un vrai article pour les ouvrages suivants. Ce n’est pas grave, un petit marathon critique, c’est bien aussi !

Indigo, Catherine Cusset, Gallimard, janvier 2013, 320 p.

noté 2 sur 4

indigoAprès avoir entendu les meilleures choses sur cette auteure, Federico s’est avidement jeté sur son nouvel ouvrage. Le fait que l’action ait lieu en Inde, pays qui intéresse plutôt notre ami lapin, participait à son enthousiasme. Malheureusement, celui-ci s’est évanoui dès les premières pages. Non pas que le livre soit mal écrit, les personnages mal dépeints ou l’histoire pas intéressante. Au contraire, cette parenthèse indienne dans le quotidien de héros bien différents qui arrivent tous avec leurs failles et repartent changés à jamais est bien menée. Mais jamais Federico n’a réussi a aimer ce livre autant qu’il aurait voulu. Pire, la lecture fut longue et un peu forcée, en attendant une étincelle qui n’est jamais venue.

Un sentiment plus fort que la peur, Marc Levy, Robert Lafon, février 2013, 440 p.

noté 1 sur 4

Parce qu’il ne faut pas mourir idiot, Federico a lu son premier Marc Levy. De part sa réputation d’auteur utilisant les même ficelles depuis 14 livres, Marc Levy n’avait jamais fait les yeux doux à notre rongeur. Après une lecture outrageusement rapide, ce n’est toujours pas le cas. L’écriture est très fluide, c’est un bon point à noter : Marc Levy sait choisir les mots sur lesquels le cerveau ne butera pas. Alors oui, c’est super méga trop facile à lire, mais ce n’est pas ce que cherche Federico quand il attaque un bouquin. Que dire du contenu ? L’histoire, qui mêle espionnage et questions poltico-éologiques actuelles, tient la route mais tout sonne creux, aucune émotion n’a germé dans le petit corps de Federico aux moments cruciaux de l’intrigue… ni aux autres d’ailleurs.

La guerre des saints, Michela Murgia, Seuil, janvier 2013, 115 p. 

noté 3 sur 4

murgiaVoici un roman qui aurait mérité quelques pages de plus. L’auteur nous embarque en Sicile, à Crabas plus précisément, petit village qui va brusquement se retrouver secoué par une querelle de clochers. Au sens propre du terme puisque l’objet de la discorde est la création d’une nouvelle paroisse au sein de la commune. Au cœur de cette truculente histoire, c’est surtout l’amitié qui est célébrée à travers les liens de trois enfants. Ce roman plein de soleil et de gaieté est un peu comme les vacances : on est à peine dedans que c’est déjà fini !




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