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Fév
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Femen

Quand Federico a écrit cet article en avril 2013, juste après sa lecture, il a choisi de ne pas le publier car il ne souhaitait pas se mêler aux polémiques faisant rage autour du mouvement Femen. Aujourd’hui, réalisant que la grande majorité de ceux qui vouent Femen aux gémonies ne connaissent rien à leur parcours, notre ami lapin décide de se mouiller un peu et de défendre ces jeunes femmes, pas assez discrète aux yeux des bien-pensants.

noté 2 sur 4

Avant d’avoir ce livre entre les pattes, Federico avait très rapidement entendu parlé de ces féministes aux seins nus lors d’une de leur intervention en Italie, à l’occasion des dernières élections. C’est donc sans en savoir bien long sur ce mouvement que notre chroniqueur a entamé sa lecture.

La couverture a évidemment interpellé Federico : une jeune femme seins nus, coiffée d’une couronne de fleurs virginale et brandissant un poing déterminé, ça sort de l’ordinaire. Cette jeune fille est Inna Shevchenko, elle est Ukrainienne et ne s’est pas dit un matin, « tiens, et si je faisais sauter le haut pour défendre le féminisme ? ». Non, Femen, comme Rome, ne s’est pas faite en un jour.femen

Et c’est l’atout majeur de ce livre-manifeste (il est écrit par les membres du groupe et une journaliste) : nous raconter l’aventure de ce mouvement radical et très controversé depuis sa genèse et ce, dans l’ordre chronologique. L’ensemble est donc très didactique, manque un peu de relief, mais est très intéressant. Tout commence en Ukraine quand des jeunes femmes, désabusées par la politique menée dans leur pays, se rapprochent autour d’un sujet qui leur est cher : le féminisme. Pour situer le contexte en vitesse, disons que l’Ukraine est pas mal bloquée par la corruption et que la prostitution y fait l’objet d’un marché prospère, peu gêné par les autorités. Les premières actions médiatiques des Femen ont d’ailleurs été menées pour dénoncer le tourisme sexuel en Ukraine à la veille de la dernière coupe d’Europe de football.

Depuis, il semble que rien ne peut arrêter ces amazones. Leurs combats sont multiples et ont évolué en même temps que leur mouvement s’est internationalisé. Au départ c’était surtout le tourisme sexuel en Ukraine qui était dénoncé, puis elles ont dépassé les frontières pour lutter contre le patriarcat en Europe (attaque des institutions religieuses, protestation contre les malversations politiques, défense de femmes victimes de violences, etc). Aujourd’hui des antennes de Femen existent à Paris et au Brésil.

Quant aux moyens d’action, l’observation de leur évolution a passionné notre ami lapin. Les Femen ont commencé par des manifestations qu’elles voulaient originales, pacifistes et artistiques. Rapidement, elles ont compris que leur mouvement ne serait entendu qu’en utilisant des codes forts, tels que leur nudité. À mesure que les actions se sont radicalisées, les risques pris ont augmenté. On ne va pas manifester dans une bonne vieille dictature comme la Biélorussie sans s’attirer quelques problèmes avec les autorités locales. À force de coups, de séjours en prison et d’intimidations, les Femen ont appris à se défendre et forment à présent une véritable armée de révolutionnaires jusqu’auboutistes et très entraînées.

Aujourd’hui, les Femen gênent un peu tout le monde. Ceux contre qui elles luttent mais aussi ceux qu’elles défendent. Ainsi, de plus en plus de mouvements féministes leur reprochent de représenter un féminisme trop fermé sur les autres cultures, de partir en croisade contre des traditions qu’elles ne connaissent pas. C’est, selon notre ami lapin, leur principale limite et le point faible sur lequel se basent leurs détracteurs pour les descendre en flèche, sans se soucier de mieux connaître les origines de ce mouvement.

Ce que Federico retient de cet ouvrage totalement subjectif, c’est l’impressionnante détermination de ces jeunes femmes qui s’engagent corps et âme dans ce à quoi elles croient. Malgré certains discours loin de sa philosophie, notre ami lapin admire beaucoup le culot et l’énergie créatrice qui animent les Femen.

Galia Ackerman, Anna Houtsol, Inna Chevtchenko, Oksana Chatchko, Sacha Chevtchenko, Femen, Calmann-Levy, mars 2013, 260 p.

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