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Août
13

Les saisons de Louveplaine

Un roman de Cloé Korman

noté 3 sur 4

Trois ans après le choc généré par Les Hommes-Couleurs dans le petit cœur de Federico, notre ami lapin attendait impatiemment le nouveau livre de Cloé Korman.

Une fois celui-ci entre les pattes, Federico a senti une crainte monter : celle d’être déçue, que le second ne soit pas aussi bon que le premier.

Les saisons de Louveplaine nous raconte la difficile histoire de Nour, qui quitte son Algérie natale et sa petite fille pour rejoindre son mari. Hassan l’attend en effet en banlieue parisienne, à Louveplaine, où il est installé depuis plusieurs mois. Quand elle arrive à l’aéroport, personne n’est là pour accueillir Nour. Dans l’appartement d’Hassan, en haut d’une tour HLM, elle découvre le vide que son mari à laissé derrière lui. Où est Hassan ? Qui est-il réellement ? Voici les questions qui vont accompagner Nour dans sa nouvelle vie. Avec l’aide plus ou moins efficace de Sonny, un ado aussi brillant au lycée que dans ses magouilles, la jeune femme va lentement, un indice après l’autre, remonter la trace de son mari. Exercice difficile car à Louveplaine le silence est d’or.©Seuil

Cloé Korman a passé un an auprès des élèves d’un lycée de Seine-Saint-Denis. De cette expérience elle a tiré un roman qui nous emporte dans une incursion sans détours au cœur de ces banlieues que les campagnards comme Federico ne connaissent qu’à travers le compte de voitures brûlées énoncé à la télé. Comme pour Les Hommes-Couleurs, elle invente lieux et personnages afin de créer un conte qui nous fait découvrir d’autres facettes du monde.

Federico a lu ce roman tiraillé entre deux sentiments : le manque d’envie de lire (ça arrive, même aux meilleurs) et la détermination à s’attaquer à ce roman prometteur. L’histoire ne l’a donc pas trop emporté. Notre ami lapin avait adoré s’évader dans l’univers quasi mythologique des Hommes-Couleurs, du coup, il a moyennement apprécié de se prendre en pleine face la réalité de la banlieue. C’est un sujet qui se prête moins aux superbes envolées poétiques du précédent roman. Face au majestueux désert mexicain et à la tragédie des migrants, le béton de Louveplaine et ses habitants qui se démènent dans la grisaille du quotidien ne font pas le poids. Désolé les gars, c’est pas contre vous.

Reste l’écriture. Et pour le coup, Cloé Korman fait plus que confirmer son immense talent. Tel un caméléon, son style épouse totalement son sujet. C’est magique, vraiment. Federico n’a pas beaucoup progressé depuis 2010 : il est toujours aussi incapable de décrire le prodige qu’est l’écriture de Cloé Korman, quelle formidable conteuse elle est. Notre ami lapin a ressenti cette impression d’y être, de faire partie du roman. Non seulement Cloé Korman raconte des histoires intéressantes (même si Federico n’a pas très envie de les entendre parce que ça manque de licornes) mais en plus elle implique réellement son lecteur.

Cloé Korman, Les saisons de Louveplaine, Seuil, août 2013, 400 p.

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1 Response to “Les saisons de Louveplaine”


  1. 7 septembre 2013 à 12 h 51 mi

    J’avais exactement les mêmes questions en attaquant le livre de Cloé Korman. Après avoir vécu en banlieue jusque dans les années 90, je me suis dit que le béton avait coulé et que dans ma campagne j’évitai de penser à ce que j’avais fui. Mais voilà Cloé Korman a de la magie dans son style et accroche les cerveaux indociles à un univers pourtant peu reluisant. C’est poétique, brumeux, humain. J’ai essayé de comprendre comment opérait son écriture, un glissement imperceptible du goudron à la chair, de la feuille morte à l’arbre, du il à je. Pas décevant du tout c’est certain, plus périlleux que le précédent dont le cadre luxuriant facilitait les envolées, on se dit que le sujet ne convaincra pas et on se prend à le regretter.
    Fred la chèvre à Federico le lapin


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