01
Juin
12

Lointain souvenir de la peau

Un roman de Russel Banks

Désireux de découvrir cet auteur majeur de la littérature étasunienne, Federico s’est attaqué à son dernier roman Lointain souvenir de la peau. Il y a fait l’étonnante rencontre du Kid, un jeune homme condamné pour délinquance sexuelle. Sa peine de prison purgée, il se retrouve en liberté surveillée. Le terme de liberté est un peu fort quand on sait que le Kid à l’interdiction de quitter la ville de Calusa et de s’approcher des lieux fréquentés par des enfants. Le seul endroit qu’il lui reste alors est un viaduc où d’autres délinquants sexuels ont élu domicile. Bientôt le Kid attire l’attention du Professeur, un homme venu étudier les sans abris, qui va l’entraîner dans ses mystérieux projets.

Federico a trouvé ce roman long et la première partie ne l’a pas captivé, si bien qu’il l’a lue par toutes petites bouchées. Erreur : notre ami lapin n’en a éprouvé que plus de difficultés à entrer dans l’histoire, devant à chaque fois se remettre dans la peau très inconfortable des deux protagonistes. En réalité, Lointain souvenir de la peau n’est pas un divertissement immédiat et facile, c’est un roman exigeant envers son lecteur qui doit être considéré dans sa globalité. De ce fait, c’est en lisant la deuxième partie de l’ouvrage puis après l’avoir refermé définitivement que Federico a compris la portée de cet ouvrage magistral.

À travers le parcours de ces deux personnages, c’est toute une partie de la société qu’a approché Federico : les marginaux. Ceux qui ne répondent pas aux codes de la normalité et que la communauté cherche – plus où moins consciemment – à effacer de la carte. Notre ami lapin est resté perplexe face au personnage du Professeur, qu’il a eu beaucoup de mal à cerner et à ne pas considérer plus comme un ordinateur que comme un humain. En revanche, au cours de sa lecture, il a ressenti une empathie grandissante pour le Kid, constamment rappelé à sa « déviance » et qui en souffre dans sa chair et dans sa tête.

Comme on peut le lire ici, Russel Banks montre comment l’ère virtuelle a déconnecté les gens de leur propre corps. Pourtant, ce n’est pas ce qui a le plus frappé Federico. En terminant ce livre, notre lecteur aux longues oreilles est resté très pensif face à la description d’un système qui stigmatise les condamnés et les oblige à vivre en marge de la société. Comme si contraindre ces hommes à se cacher sous l’ombre du viaduc pouvait permettre de les faire disparaître définitivement.

Alors pour une fois, ce n’est pas en se basant sur son plaisir de lecteur que Federico attribue sa note. Il donne 3 carottes à la complexité et l’intelligence d’un roman aux multiples niveaux de lecture qui n’a eu de cesse de le questionner.

Russel Banks, Lointain souvenir de la peau, Actes Sud, mars 2012, 448 p.

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