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Mission M’Other

Un roman de Pierre Bordage, Melanÿn et Philippe Coriat.

Face à la concurrence du numérique et de l’encre électronique, les livres papiers innovent. En 2008, le très remarqué Cathy’s Book proposait une réelle interaction entre le livre et le lecteur ; le premier permettant au second de mener l’enquête grâce à des indices. Rien de bien différent d’avec un autre polar… Si ce n’est que les indices en question étaient physiquement présents dans l’ouvrage, sous forme de fac-similés et de pistes audio et vidéo à visionner sur internet ou via un serveur vocal. Le lecteur disposait enfin des mêmes éléments que le héros pour élucider le mystère.

Bizarrement, malgré le succès de l’ouvrage et de ses suites, le concept n’avait pas fait d’émules notables jusqu’à la création de la collection « Snoop Book » par les éditions Soleil (oui oui, celles qui font de la BD à Toulon). Cette nouvelle gamme de livres promet au lecteur de devenir le héros de l’histoire et de mener l’enquête à l’aide de moult indices. Federico n’ayant pas testé le Cathy’s Book, il a décidé de faire l’expérience « Snoop Book », bien curieux de ce qui allait lui arriver. Parmi les trois titres de la collection, il a choisi Mission M’Other, écrit par Pierre Bordage, Melanÿn et Philippe Coriat. Ça en fait du monde.

Le roman en lui même a beaucoup plu à notre ami lapin. Dans un avenir proche, Lia débarque sur une Terre très inhospitalière après avoir grandi dans l’atmosphère protectrice d’une navette spatiale, M’Other. Complètement livrée à elle même, elle parvient à réunir quelques forces afin de se mettre en marche pour partir à la recherche de Tara, une fille dont elle ignore tout et qui est pourtant son unique repère. Au cours de son voyage elle va faire une étrange découverte : la plupart des humains ont déserté la planète et il ne subsiste plus qu’une étrange milice qui tue tout ce qui bouge. Ambiance.

Le lecteur a entre les mains le journal de bord que l’héroïne tient pour rompre sa solitude et par nécessité de raconter ce qu’elle voit et fait. Elle y recueille des documents trouvés au hasard (les fameux fac-similés) et qui la guident dans sa quête, quand il ne font pas naître de nouvelles questions. Federico déplore que le ton utilisé manque de la spontanéité qu’on attend dans ce genre de journal écrit sur le vif. Heureusement que les documents et les dessins joints au livre lui apportent l’authenticité qui manque au texte.

C’est un des rares défaut de ce récit de science fiction plein d’humanisme qui a bien accroché notre ami lapin avant de le surprendre avec un final agréablement déroutant. À tel point qu’il a été impossible pour Federico de déduire quoi que ce soit des indices proposés et a fortiori de répondre à la grande question du livre : où sont les humains ? Deux possibilités : ou bien Federico est un détective déplorable ou bien les annonces faites sur la couverture sont exagérées. Ce récit est trop irréaliste pour qu’on puisse deviner ce qui se trame.

Finalement, Mission M’Other est un excellent roman de science fiction présenté dans un format qui ne tient pas toutes ses promesses. Cela reste néanmoins un bel ouvrage à la présentation très soignée, qu’on pourrait presque croire sorti des archives de l’héroïne.

Mission M’Other, Philippe Coriat, Melanyn, Pierre Bordage, Soleil Productions, août 2011, 19 € 90, (collection « Snoop Book »)

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