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Sep
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En moins bien

Un roman d’Arnaud Le Guilcher.

Avant de le lire, Federico s’attendait à un livre loufoque à l’humour noir désopilant. C’était bien ça, mais en moins bien…

On ne connait pas le nom du héros et narrateur. C’est un homme un peu looser d’une quarantaine d’année qui vient de se marier avec la jeune et belle Emma. Comme voyage de noce, il la conduit à Sandpiper, une petite ville balnéaire de la côte Pacifique des États-Unis. Le prospectus était alléchant, mais la réalité des bungalows, du restaurant et de l’équipe de l’intendance est bien fade, à tendance minable, et un peu sale dans les coins. Pour la nuit de noce, le narrateur ne trouve rien de mieux à faire que de rester boire quelques verres d’une pissette infâme en écoutant les histoires du coin, pendant que sa nouvelle épouse l’attend dans la chambre. Lorsqu’il la rejoint enfin, elle s’est cassée (« elle a eu raison » ne peut s’empêcher de penser Federico). Le bougre déprime sec, mais finit par se reprendre, notamment face à ce qui agite Sandpiper : voilà plusieurs jours qu’un touriste allemand va et vient comme un zombie sur la plage en murmurant le nom de sa femme Frida, partie avec un surfeur. Beaucoup de monde se déplace pour « voir ça », et le narrateur décide de prendre en charge l’organisation de cette nouvelle affluence…

Un peu bizarre cette histoire qui semble tourner autour du thème du « départ de l’être aimé », mais dans le cadre minable d’une bourgade apathique et avec des personnages vraiment à la ramasse. Si l’intrigue est quelque peu plaisante au début, elle s’enlise assez rapidement, tout comme ses personnages qui ne savent pas ce qu’ils font, et ne font d’ailleurs pas grand chose. On s’ennuie un peu car ce n’est pas très intéressant, on s’exaspère de l’inertie du héros qui persiste à rester dans cette situation et dans cette ville peu reluisante. Notre ami lapin a eu un regain d’intérêt pour ce roman lorsque les choses bougent enfin, mais cela ne se passe pas très bien il faut le dire : tout part en cacahouète, une sorte d’apothéose de la pagaille qui s’installait alors à Sandpiper.

À ce moment là (vers la fin donc), l’intrigue prend vraiment son importance, puisque auparavant l’intérêt de la lecture résidait davantage dans l’écriture d’Arnaud Le Guilcher. Avec un vocabulaire foisonnant, riche et truculent, la narration est joyeusement cynique, pleine de références et d’expressions jubilatoires. C’est en effet ce qui fait essentiellement l’attrait du roman : l’humour noir. Mais, très vite, Federico en a été lassé, les éclats de rires ne sont pas au rendez-vous. Ce style se révèle lourd et agaçant, c’est trop.

C’est pourquoi En moins bien ne récolte que deux carottes : contrairement aux attentes, le roman n’est pas si fun que ça.

En moins bien, Arnaud Le Guilcher, Stéphane Millon éditeur, 2010, 288 pages, 17 €

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