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Oct
09

Le japon n’existe pas

Un livre de Alberto Torres-Blandina.

Cette semaine notre ami lapin avait envie de faire des découvertes, d’être surpris. Il a donc jeté son dévolu sur un livre jaune poussin où figurent un balais et un titre pour le moins intriguant. Le Japon n’existe pas, c’est la théorie de Salvator Fuensanta, vieux balayeur d’un aéroport anonyme quelque part en Espagne. Cette certitude que le Japon a été inventé dans l’unique but de faire vendre de la haute technologie, il en fait part aux voyageurs en partance, quand il ne leur explique pas le langage codé propre aux aéroports.

Le Japon n’existe pas, c’est le portrait d’un grand bavard qui narre à qui veut l’entendre – voyageurs et personnels de l’aéroport – des histoires plus farfelues et absurdes les une que les autres. Tellement que le lecteur devrait se dire : ventrebleu, c’est impossible, je ne peux y croire ! Mais ce vieux monsieur bientôt à la retraite nous raconte ça avec tant d’humanité et d’affection, ne pouvant s’empêcher de donner son avis avec humilité, que même notre ami lapin s’y est laissé prendre. Il a voyagé au fil des histoires de Pau, l’écrivain raté, Eduardo l’idéaliste jusqu’au-boutiste, Rosalia et Roberto ou l’histoire d’un amour impossible , etc.

Federico a dévoré ce livre écrit comme un monologue, ponctué des réponses de Salvator à ses interlocuteurs… qu’on n’entend jamais parler. Cette construction, pleine d’exquises digressions, fluidifie la lecture et c’est sans difficultés que notre ami rongeur est arrivé à la surprenante et délirante fin de l’ouvrage. Son livre refermé, c’est un sourire de jubilation qui barrait le museau de Federico. Un tel moment de bonheur vaut bien trois carottes.

le japon n'existe pas

Alberto Torres-Blandina, trad. François Gaudry, Le Japon n’existe pas, Métailié, 2009, 159 p.

17 €

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1 Response to “Le japon n’existe pas”


  1. 1 hgade
    10 novembre 2009 à 19 h 36 mi

    4 carottes, ça mérite d’être lu ! C’est désormais chose faite et en effet quel plaisir !
    S’il faut au premier abord un petit laps de temps pour entrer dans l’optique du monologue, la lecture se fait par la suite naturellement et sans grand effort. Personnage attachant, le balayeur nous apparait férocement intelligent et son regard affuté et complaisant sur autrui est à la fois délectable et quelque peu dérangeant de tant de vérité : il connait tellement le genre humain que nous pouvons avoir peur d’être percé à jour (quoique Federico ne craint rien, c’est un lapin, je ne vous apprends rien) !
    Ce qui fait la particularité et l’efficacité du livre, c’est qu’il raconte plusieurs histoires. Et nous, lecteur, à l’instar des auditeurs de Salvador Fuensanta, nous retombons doucement en enfance, dans un statut de lecteur « passif » qui aime écouter des histoires, tout simplement.
    Où veut-on lire ce livre ? Dans un aéroport bien sûr, ou dans une gare. Dans une optique de voyage, quoiqu’il en soit, histoire de voyager des deux côtés !


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