12
Sep
09

Federico apprend la consommation

C’est décidé, Federico quitte le terrier familial. Après des années d’une vie confortable et rassurante auprès des siens, notre ami lapin a décidé de s’installer dans un sympathique petit trou.

Parmi toutes les émotions apportées par un tel chamboulement existentiel, c’est l’idée d’aller faire ses courses qui émotionnait le plus Federico. Il s’imaginait déjà choisissant des produits qui, une fois additionnés, constitueraient son identité ménagère. Depuis quelques mois, il tenait la liste des produits super sympa qu’il allait s’offrir. Mais attention, Federico est un lapin raisonnable et conscient que son maigre salaire de rongeur-chercheur en sociologie ne lui permettrait pas de faire beaucoup de folie. C’est donc avec un énorme sentiment de supériorité vis-à-vis de ces crétins d’humains endettés qu’il prit la route du magasin plein de trucs le plus proche.

Avant d’aller plus loin et de parler de l’immense déception ressentie par notre ami lapin en quittant la grande surface pleine de choses, signalons qu’il aurait aussi bien pu ne jamais en sortir sain et sauf. En effet, les grands magasins avec pleins de trucs dedans sont pleins de gens pressés d’acheter les trucs. Pour aller plus rapidement, ils poussent une petite charriote en fer qui leur permet d’entasser tout ce qu’ils désirent. Néanmoins, si les humains ont l’étrange et fascinante capacité de piloter des engins motorisés plus gros, plus lourd et plus rapides qu’eux, ils sont incapables de conduire ces petites charriotes. Les collisions sont fréquentes et un lapin n’est absolument pas en sécurité dans les allées d’une boutique géante.

Heureusement, Federico est un lapin courageux et futé : il a rapidement appris à éviter les dangereuses charriotes afin de se consacrer pleinement à ses passionnants achats. Bien décidé à avoir un total contrôle de sa consommation et de son image auprès de ses futurs invités, Federico n’a pas tardé à constater que c’était les rayons qui choisissaient pour lui. Si il avait besoin d’une casserole, le rayon lui rappelait qu’il était nécessaire qu’il possède un couvercle, un dessous de plat, une cuillère en bois (les lapins aussi ne doivent pas racler le téflon). Résultat des courses (jeu de mot), il s’est retrouvé avec un budget explosé et des désirs insatisfaits. Et oui, quand on est un petit lapin pas riche, on prend des produits pourris à la carotte et au sans plomb 95 ; foin des super produits écolos senteur luzerne-pissenlit. Mais comme il avait pris plein de trucs, sa carte pas-gold a bien chauffé quand même.

En poussant sa charriote vers la sortie, Federico tira une leçon fort sage de sa première expérience de consommation : les grandes surfaces c’est des méchantes qui veulent que te piquer ton argent. Il n’avait pas vraiment l’impression que son identité ménagère aie évolué, voire même existé. En rentrant dans son petit trou, notre ami lapin s’est enfilé un méga goûté fait de tartines de pâte à tartinée au foin afin de se consoler et redonner une identité à son estomac.

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